50 ans d’Indépendance et 50 ans de musique…
juillet 19, 2010 à 2:40 | Publié dans Musique, le disque du mois | Laisser un commentaireMots-clefs : 50 ans d'Indépendance africaine, coffret 18 CDs, musiques africaines
Plutôt que de parler et reparler de ce cinquantenaire des Indépendances africaines, rien de tel qu’un bon mix de musiques. En cliquant sur 50 years po mix 1 , vous aurez une heure de bonne musique dont voici le trackilisting:
1/ Proclamation d’indépendance du Congo relatée par un journaliste français dépêché sur place
2/ Indépendance Cha Cha – Grand Kalle (Congo)
3/ ’Freedom’ par le leader Ghanéen
4/ E.T. Mensah – Ghana Freedom (Ghana)
5/ Antonio Borgès (message du fond du maquis – leader de la résistance – 1974)
6/ Super Mama Djombo – Dissan Na M’Bera (Guinée Bissau)
7/ Mulatu Astatqé – Yegella Tezeta (Ethiopie)
8/ K Frimpong – Hwehwa Mu na Yi Wo Mpena (Ghana)
9/ Oscar Sulley – Bukom Mashie (Ghana)
10/ Manu Dibango – Soul Makossa (Cameroun)
11/ Fela Kuti – ITW (Nigéria)
12/ Fela Kuti – Shakara (Nigéria)
13/ Discours de Mandela (sortie de prison – 1990 – Soweto)
14/ Myriam Makeba – Pata Pata (Live Champs-Elysées 1977)
Merci à PO pour cet excellent mix tiré de l’incroyable coffret de 18 CDs qui sort ces jours chez les disquaires et dont vous pouvez lire ma critique dans Vibrations ici: Africa,50 Years of music.
Bonne écoute et bon été!
Le dos de Keith Jarrett au Montreux Jazz Festival
juillet 12, 2010 à 9:09 | Publié dans Billets d'humeur, Général, Musique | 3 commentairesMots-clefs : Montreux Jazz Festival, Keith Jarrett, Gary Peacock, Jack Dejohnette, jazz, Le trio
Je faisais partie hier soir des ultra-privilégiés qui assistaient au concert de Keith Jarrett, Gary Peacock et Jack Dejohnnette au Montreux Jazz Festival. Précisons d’emblée que je ne suis pas une spécialiste du la musique de Keith Jarrett. Loin s’en faut. Mais son aura est telle que cela m’intriguait.
Ouverture des portes: 18 h. Concert à 19 h précises. «Aucun retard et aucun bruit ne sont admis. Vous n’avez pas le droit de sortir de la salle pendant le concert, mais il y aura une pause de trente minutes». Les consignes sont strictes et répétées plusieurs fois à l’oreille de chaque spectateur par un staff, un peu sur les nerfs. On pense que l’heure a été choisie pour cause de finale de coupe du monde. Eh bien non, nous informe Claude Nobs en personne: Keith Jarrett quand il est en tournée en Europe rentre se coucher chaque soir à Nice. Mon esprit se met alors à vagabonder: «Mais comment fait-il pour rentrer chaque soir à Nice? Est-ce qu’il a un jet privé?». Retour sur scène avec l’entrée des trois musiciens. Trois vétérans, grands et fins, en pantalon et chemises, sobres, austères. En les regardant marcher à grandes enjambées, on hésite entre les « trois mercenaires » ou les « trois messies ». Le public est en apnée et quand mon voisin fait tomber une pièce de sa poche, un frisson parcourt les rangs alentours. La réputation de Keith Jarrett d’interrompre des concerts pour tout bruit parasite est légendaire. Tout sourire, Keith Jarrett s’assied pourtant à son piano, dos au public. Et ça démarre. D’abord normalement: comme un trio de jazz qui joue depuis 27 ans ensemble, avec virtuosité et complicité. Et puis l’homme commence à murmurer puis à bouger. Son dos se voûte, sa tête disparaît derrière ses épaules avant qu’il ne se relève à moitié, comme un oiseau cherchant à s’envoler, mais dont les pattes sont irrésistiblement aimantées aux touches du piano. Cette gestuelle impresssionnante, directement connectée à la musique continuera tout au long de la prestation. Comme si l’homme n’était que l’extension de son piano, qu’il était possédé et qu’il ne faisait que jouer ce qui lui est dicté. Du yoga. Et puis arrive une ballade, une de ces ballades (ne me demandez pas laquelle, je n’en sais rien) dont la mélodie tient sur trois notes. Entre lesquelles la contrebasse de Gary Peacok s’insère, s’entrelace, s’immisce et se délace. On se perd, on se noie dans cette ballade. Et c’est déjà la fin du premier set. Les trois hommes se lèvent, saluent jusque par terre et ressortent à la queue leu leu sans qu’un mot n’ai été échangé.
En ouverture du deuxième set, retour de Claude Nobs qui nous signale que le maestro a manifesté son étonnement face au silence du public. L’autorisation d’applaudir est accordée. Retour des trois musiciens. Même rigueur, même sobriété, même mutisme envers le public. Soulagé, celui-ci ose applaudir à chaque fois qu’il reconnaît un thème et du coup le trio se relâche un peu. Mais ça vole toujours très très haut. Et je suis à nouveau happée par ce tourbillon musical, vibratoire et forcément spirituel. Happée par cette drôle de fascination pour ce dos qui semble catalyser toutes les énergies et les inspirations de ces trois cerveaux. Et, alors que les caprices de la star nous faisaient sourire en début de concert, on en vient presque à regretter le silence tendu d’appréhension qui sévissait dans la salle au premier set. Une intensité supplémentaire. Franchement, je n’ai jamais vu un concert de cet ordre-là.
De Akim El Sikameya à Carla Bruni en passant par Pura Fé
juillet 11, 2010 à 6:38 | Publié dans Billets d'humeur, Général, Musique | Laisser un commentaireMots-clefs : musiques africaines, Akim El Sikameya, arabo-andalou, Festival de la Cité, Taofik Farah, Salim Allal, musique algérienne, Carla Bruni, Pura Fé
Hier soir sur la scène du château du festival de la Cité, le chanteur oranais Akim El Sikameya a fait l’unanimité. Akim el Sikameya, c’est la virtuosité mise au servie de la chaleur humaine et de l’humanité. Sa voix grimpe les octaves comme vous chantez sous votre douche et il joue du violon debout. Immédiatement à l’aise sur la nouvelle scène circulaire du festival, Akim El Sikameya a distillé son concert comme un derviche tourneur au ralenti. A ses côtés, le joueur de mandole, Salim Allal et le vertigineux guitariste Taofik Farah tissent une toile musicale méditerranéenne qui réconcilie la musique arabo- andalouse avec ses racines africaines et le sud de l’Europe. Le public ne s’y est pas trompé: en moins d’une heure, les 2000 spectateurs ont chanté, dansé et terminé le concert dans une standing ovation. J’ai filmé une bonne partie de la prestation, mais la caméra est repartie dans les bagages de Salim Allal… Ce sera donc pour une autre fois.
Bon, vous me direz que, étant la programmatrice de ce concert, je fais ma pub. Mais je vous assure que j’ai vu Akim un bon nombre de fois maintenant et que la magie opère à chaque concert et dans n’importe quelle condition: en club, en plein air, dans un théâtre…. Pour la petite histoire, la dernière fois que je l’ai vu, en février dernier à Genève, j’ai offert à Taofik Farah le dernier CD de la géniale chanteuse amérindienne Pura Fé que nous avions écouté ensemble dans la voiture. Et, devinez quoi? Ce-dernier joue aussi avec une certaine Carla Bruni et le lui a transmis, Passons outre l’indélicatesse de Tao qui a donné un CD qui lui était destiné (je blague… ), l’idée que la première dame de France ait craqué sur Pura Fé, ma plaît assez. Pas vous?
Les Espoirs de Coronthie au Festival de la Cité de Lausanne
juillet 5, 2010 à 4:05 | Publié dans Billets d'humeur, Général, Musique | Laisser un commentaireMots-clefs : musiques africaines, concert, Espoirs de Coronthie, musique guinéenne, Festival de la Cité, Lausanne
C’est un de mes groupes africains actuels préférés. Partis de rien ou presque, les espoirs de Coronthie sont un défi sans cesse renouvelé. Un des groupes phares de Conakry qui ose se lancer à l’assaut de l’Europe en big band avec trois chanteurs, pas mal de percussions, des guitares et un joueur de kora plutôt inspiré. Vous pouvez lire ici, un article plus détaillé que je leur avais consacré dans le magazine Vibrations. Mais surtout venez nombreux au Festival de la Cité, à la scène de la Fabrique (derrière la Cathédrale). C’est gratuit et deux soirs de suite: mardi 6 et mercredi 7 juillet à 20 h 30. Soyez ponctuels, car leur spectacle ne dure qu’une heure et que, comme je me tue à vous le dire, ça en vaut vraiment la peine.
mon disque des mois de mai, juin etc : Fool’s Gold
juin 24, 2010 à 4:55 | Publié dans Musique, le disque du mois | Laisser un commentaireMots-clefs : musique africaine, Fool's Gold, Vampire Weekend, musique du monde, musique touarègue

Je sais j’ai quelques wagons de retard sur ce coup-là. Le premier disque de Fool’s Gold est paru en septembre dernier aux USA et depuis quelques mois en France. Mais bon d’abord, j’ai un peu raté sa sortie française, puis je me suis dit qu’il était trop tard. Mais comme ce petit disque rond ne veut toujours pas quitter mon lecteur CD, je suis bien obligée de vous en parler!
Annoncés comme les cousins de Vampire Week-end, puis comme les fils spirituels de David Byrne, Fool’s Gold ne déçoit pas. Emballé dans une pochette minimaliste – le nom du groupe en lettres 3D sur fond bleu – leur premier CD éponyme fait immédiatement penser à l’œuvre d’un groupe d’étudiants. Ce que sont d’ailleurs ces douze nouveaux venus de Los Angeles, mais des étudiants un peu particuliers puisque leurs matières de prédilection sont les musiques africaines.
Leur enregistrement manifeste avec génie de cette fulgurance entre amours africaines (musique éthiopienne, touarègue ou nigériane) et pop américaine. Le mimétisme avec Tinariwen est frappant. Le son des guitares saturés et certains chants semblent branchés en direct sur le désert. Et hop, en quelques riffs et grâce à un changement de chanteurs, nous voilà au cœur des musiques d’Addis Abeba. Avant de repartir d’un coup de rein vers l’afrobeat de l’Ouest africain. Intuitivement, Fool’s Gold retrace des routes musicales qui ont peut-être réellement existé. Grâce à leur esprit ouvert à 360°, grâce à leur énergie punk, il se dégage une unité et une puissance contagieuse de leurs chansons. Avec recul et modestie, les auteurs de cette nouvelle musique mutante imputent leur démarche à internet et à la fascination des Occidentaux pour l’authenticité et la sincérité des musiques d’ailleurs. Une vraie réussite.
Fool’s Gold. (Dist française: Wagram Music/Dist CH:Disques Office)
Mon Mondial à moi
juin 9, 2010 à 9:48 | Publié dans Billets d'humeur, Général, Musique | 2 commentairesMots-clefs : musique africaine, Afrique du Sud, DJ Mujava, worldmusic, Tinariwen, sound system, Radioclit, Mondial, Kareyce Fotso, Amadou & Mariam, Shakira, DJ's, Zangalewa, Ntsiki Mazwai, Aero Manyelo, Mondial 2010, Coupe du Monde de football 2010
Je n’aime pas le foot. Je n’ai rien contre ce sport en tant que tel. Depuis que j’ai vu le film «Looking For Eric» , j’ai même une certaine sympathie pour ses supporters. Seulement voilà, il m’est aussi impossible de me concentrer devant un match que devant la Nouvelle Star. Immanquablement, quand il se passe quelque chose d’important, je regarde ailleurs ou je pense à autre chose. Cela dit, j’aime bien les Mondiaux parce que, tout à coup, toutes les terrasses de la ville sont libres à l’heure de l’apéro. D’une certaine façon, j’aime aussi découvrir les résultats des matches en observant les déferlantes des différentes communautés, en fin de soirée, dans les rues de Lausanne.
Et puis là, en Afrique du Sud, musicalement on commence fort. Shakira n’a rien trouvé de mieux que de pomper son hymne officiel – «Waka Waka» – sur un vieux tube africain des années 80, propriété d’un groupe de l’armée camerounaise du nom de Zangalewa! Voilà qui vaut son pesant d’ironie et une rentrée d’argent inespérée pour Zangalewa. Et, comme si elle voulait se rattraper, Shakira s’associe alors aux Sud-Africains politiquement corrects de Freshlyground pour chanter son fameux hymne… Comme le dit l’adage «there is no business like show business, like no business at all»… Je n’ai toujours pas réussi à savoir si, du coup, les musiciens de Zangalewa avaient eu un ticket pour Pretoria. J’ai plutôt l’impression qu’on cherche à étouffer l’affaire, mais bon si vous avez des infos, dites-le-moi! En attendant, flashback sur leur vidéo (personnes sérieuses s’abstenir…).
Du côté africain, il y aura quand même beaucoup d’artistes intéressants dans le pays de Mandela: les touaregs de Tinariwen, la Camerounaise Kareyce Fotso et Amadou & Mariam, le couple d’aveugles du Mali. Qui en profite pour sortir des remixes de leur morceau «Africa» réalisé avec K’Naan. C’est Bob Sinclair, mais surtout le soundsystem londonien Radioclit qui s’y sont collés et les deuxièmes ne s’en sortent pas mal du tout! Bref, je voulais partager le remix de Radioclit avec vous, mais visiblement les fonctionnalités de ce blog wordpress ne le permettent pas… A vous de chercher!
Mais la bande-son idéale de ce Mondial, est proposée par l’excellent label Out Here à travers une compilation de house. Vous avez bien lu, c’est de la house. Inutile donc d’écouter ça dans votre salon. Ces 13 morceaux de musique de danse assez variée proviennent tous des ghettos d’Afrique du Sud. On y trouve du kwaito qui ne fait pas dans la dentelle avec DJ Cleo ou Pastor Mbhobho mais aussi l’incontournable DJ Mujava dans un morceau à la fois tribal, festif et minimal. Et quelques révélations comme la poétesse Ntsiki Mazwai, dub poet des temps modernes qui pose sa voix percutante sur des beats métronomiques. Ou encore le morceau de transe hypnotique «Mexican Girl», le rêve d’un certain Aero Manyelo retranscrit en musique. Uplifting!
«Ayobaness, The Sound of South African House», Outhere Records.
la retraite inspirée d’Idrissa Souamoro
juin 8, 2010 à 9:29 | Publié dans Billets d'humeur, Musique, le disque du mois | Laisser un commentaireMots-clefs : blues, musique malienne, musique africaine, musiques du monde, world music, Ali Farka Touré, Idrissa Soumaoro, Kandia Kouyaté, Bamako, François Bréant
Idrissa Soumaoro est un secret bien gardé de la musique malienne. Lors de l’un de mes premiers séjours à Bamako, il y a une quinzaine d’années, je le découvris animant un fort modeste orchestre dans le hall de l’hôtel Amitié. L’ambiance était un peu bizarre dans le bar de cet hôtel-tour (à l’époque une des seules tours de la ville) construit par les Russes dans les années 60, à la manière russe. S’y croisaient hommes d’affaires occidentaux ou libanais, prostituées, et quelques journalistes culturels égarés (dont moi) emmenés par Christian Mousset pour rencontrer les artistes de son label d’alors Indigo. Idrissa Soumaoro restait imperturbable face à ce parterre pas vraiment intéressé par ce qui se passait sur scène. D’ailleurs, disons le franchement, la musique n’était pas renversante non plus: il s’agissait surtout d’animation de bar. Idrissa ne s’y trompa qui fit une pause impromptue de plusieurs minutes pour venir nous saluer. Ce soir-là, l’oeil vif derrière ses lunettes, Idrissa cachait pourtant bien son jeu car ce petit Monsieur est un grand chansonnier doublé d’un excellent un professeur. Comme il aime à le dire «L’enseignement c’est ma vocation, la musique c’est ma mission!».

Au début des années 70 déjà, il enregistra un morceau mythique qui conciliait son amour des langues et ses talents de chansonnier. «Petit n’imprundent» est un morceau comique qui reprend le discours fleuri et imagé d’un ancien combattant en colère. Ce morceau fera le tour de l’Afrique de L’Ouest, sera repris par plusieurs formations dont les Guinéens de Balla et ses Baladins. En 1984, le Congolais Zao s’en inspira largement pour son titre «Ancien Combattant» qui fut, lui, un tube international. Zao pensa à déposer ce titre pour en toucher les droits d’auteur, ce que ne fit pas Idrissa en son temps.
Pour plus d’infos au sujet de cette histoire, allez voir l’article bien documenté sur histgeobox. J’en profite d’ailleurs pour saluer ce blog que je trouve génial: racontez l’histoire et la géo à travers des chansons du monde entier, voilà de quoi fasciner lycéens et amateurs de savoir toutes catégories confondues!
Plus tard, Idrissa Soumaoro se retrouvera prof à L’institut des Aveugles. Beaucoup de ses concitoyens, pas franchement réceptifs aux problèmes des gens ayant un handicap, ne comprennent pas qu’il accepte ce poste. Et attribuent ça au fait qu’Idrissa porte des lunettes! Qu’à cela ne tienne, Maître Soumaoro apprend la musicographie braille à Birmingham et formera entre autres un certain Amadou qui commence à travailler avec sa future femme… Mariam. Aujourd’hui, Idrissa Soumaoro approche de la retraite et sort seulement son troisième album, «Djitoumou» où se croisent son vieux complice Ali Farka Touré (l’album a été enregistré en 2005) et la grande cantatrice Kandia Kouyaté, une de ses parentes. Polyvalent, Idrissa compose, chante et joue ici du kamele n’goni. Bluesy, parfois même presque que country grâce aux effets de guitare et d’harmonica que lui a adjoint François Bréant, «Djitoumou» possède un charme discret, entêtant.
Idrissa Soumaoro, «Djitoumou» (Lusafrica)
L’irrésistible groove éthiopien
mai 23, 2010 à 10:36 | Publié dans Billets d'humeur, Général, Musique | Laisser un commentaireMots-clefs : musique africaine, worldmusic, Mahmoud Ahmed, Ethiopiques, Ethiopie, Festival Musiques Métisses, Imperial Tiger Orchestra, Badume's Band, Alemayehu Eshèté
Les vétérans de la scène d’Addis Abeba, Mahmoud Ahmed et Alemayehu Eshèté sont de retour avec leurs amis bretons du Badume’s Band.
Véritable bol d’air au sein du petit business des musiques du monde, Musiques Métisses n’aime pas les musiques formatées. Tant mieux. Cette année, le festival s’est même spécialisé dans les big bands. Les tambourinaires d’abord avec Les Tambours des Docks, les uniques Tambours du Burundi (sur lesquels je reviendrais) et les foudroyants Tambours de Brazza. Créés à l’initiative du batteur congolais Emile Biayenda, ils reviennent en force avec une musique complètement ouverte. Traditionnel, tribal, festif, moderne, cet ensemble de tambourinaires pas comme les autres accueille un violoniste, un rapper ou le chanteur mauricien Menwar quand ces membres ne s’adonnent pas à des joutes dansées impressionnantes. Un gros chaudron qui pulse au rythme de la passion musicale.
Parmi les autres bigs bands, il faut signaler les Guinéens des Espoirs de Coronthie, qui même entassés sur la minuscule scène du mandingue, parviennent à séduire avec leurs mélanges de rythmes soussous et mandingues, d’arpèges de la kora, de rifs électriques, de voix et de danses et le Bahianais Carlinhos Brown dans une prestation pourtant plutôt décevante. Sauvé in extremis par son amie Margareth Menezes.
Last but not least, Mahmoud Ahmed et Alemayehu Eshèté ont enflammé le public de la nouvelle grande scène en surmontant les obstacles de circonstance. À savoir, un public clairsemé – ils ouvraient la soirée à 19 h 30 - et une lumière du jour encore éblouissante. Séducteur impénitent, en costard anthracite, le pas alerte et l’œil vif, Alemayehu Eshèté roucoule et oscille entre soul, twist et rock’n’roll, made in Addis Abeba. 
Le charme de Mahmoud Ahmed est tout autre. Vêtu en habit traditionnel blanc de la tête au pied, il semble de prime abord plus réservé. On se surprend à tendre l’oreille après avoir été pris dans l’opération de charme facile d’Alemayehu Eshèté. Lentement mais sûrement, les Bretons du Badume’s Band montent le son de leurs cuivres, guitares et claviers. Mahmoud Ahmed, danse saute et accroche le public d’un sourire, d’une voix encore superbe. Et finit en apothéose avec ses grands succès («Ere Mela Mela», «Addis Abeba Beheté»,) dont le public entonne les refrains. Le temps s’accélère et déjà il est loin. Tout simplement impérial !
C’est cette formation que je fais venir jeudi prochain, pour un unique concert en Suisse à Genève (Plan-Les-Ouates) avec, en prime les Genevois de Imperial Tiger Orchestra en première partie. De la Suisse à La Bretagne, la musique éthiopienne fait des émules aux quatre coins du monde et s’offre une deuxième vie grâce à ces nouveaux contacts. Ne les ratez pas !
Imperial Tiger Orchestra, Badume’s Band, Alemayehu Eshèté et Mahmoud Ahmed. Plan-Les-Ouates. Salle du Vélodrome. Vendredi 27 mai, 20 h.
La classe du Bembeya Jazz
mai 6, 2010 à 2:39 | Publié dans Billets d'humeur, Musique | Laisser un commentaireMots-clefs : musique africaine, worldmusic, Afrique de l'Ouest, Bembeya Jazz, Guinée, Sekou «Diamond Fingers» Diabaté
Je suis entrain d’écrire un article sur la musique au moment des indépendances en Afrique de l’Ouest (francophone). Et je ne résiste pas au plaisir de partager cette vidéo du Bembeya Jazz avec vous. Pour rappel, le Bembeya Jazz s’est formé dans le village de Beya au lendemain de l’Indépendance de la Guinée. L’ensemble fut sacré orchestre national en 1966 après avoir remporté deux fois de suite le concours du festival National des Arts. Chants, cuivres et surtout la guitare irrésistible de Sekou «Diamond Fingers» Diabaté en font un groupe culte de la musique africaine. Un swing communicatif. Jugez plutôt dans cet extrait d’un documentaire qui leur est consacré.
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