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Mon disque du mois de janvier: Bako Dagnon

Trève de plaisanterie. Il est temps de s’y remettre. A alimenter ce blog, je veux dire… Ce n’est pas parce que je croule sous le travail, qu’il fait moins 5°C dehors et que je me laisserais bien aller à une soirée” séries TV” qu’il faut se laisser aller. En plus c’est le 30 janvier et je n’ai toujours pas élu mon disque du mois. In extremis donc, mais depuis longtemps dans ma platine. la belle, l’unique Bako Dagnon.

Bako Dagnon est sans doute une des plus grandes chanteuses maliennes, une “griotte» unanimement respectée dans sa communauté. En 2003, elle accepte de participer à l’enregistrement du CD «Mandekalou», vaste fresque en hommage à la culture mandingue. À près de 60 ans, c’est son premier pas vers une carrière internationale. Suivra «Titati», premier opus solo, salué par la critique. «Sidiba», son dernier-né, va plus loin.

Épaulée par Jean Lamoot qui officia sur «M’bemba» (l’avant-dernier opus acoustique de Salif Keita),  Bako Dagnon démontre son intelligence musicale. Sa maîtrise vocale, son enracinement dans la culture mandingue, font que son style est reconnaissable dès les premières notes. Tout en subtilité. Les guitares acoustiques ou électriques, les percussions feutrées, les solos d’instruments à cordes traditionnels: tout concourt à donner un écrin toujours plus fin à cette voix décidément unique. Expérimentée, Bako Dagnon évite toutes les stridences dont certaines « griottes » font preuve. Celle qui fut connue et unanimement respectée pour sa voix claire et juvénile au pays, axe désormais sa carrière internationale autour d’une voix plus grave posée, la voix de la maturité. Thèmes classiques, ode aux guides de la révolution, ou chansons pour les femmes: les onze morceaux de «Sidiba» dégagent une force puissante, chaleureuse que l’on sent construite sur son lot de douleur. «Fadeen», longue incantation à peine rehaussée de quelques arpèges et percussions, bouleverse. D’une vie difficile, Bako Dagnon a su extraire le meilleur pour son art. «Sidiba» en fait une démonstration étincelante.

Bako Dagnon, «Sidiba», (Discograph)

Youssou N’Dour et Didier Awadi dénoncent

Youssou N’Dour n’est pas que le gentil musicien bien poli qu’on se plait à dépeindre en France. Il sait aussi dire quand “trop c’est trop”.  Et la goutte d’eau qui a fait déborder le vase (c’est le cas de le dire) furent les récentes inondations (voire dépêche AFP). Face à la passivité du président face à ce problème, face aux incessantes  interruptions d’électricité, face aux émeutes des jeunes qui ont actuellement lieu dans la banlieue de Dakar, Youssou N’Dour a retrouvé sa verve et a enregistré dans l’urgence une nouvelle version de «Ob-la-di, Ob-la-da» des Beatles. En wolof, ça donne «Leep Mo Lendem», qui signifie “Tout est dans l’obscurité». Un titre diffusé uniquement en radio et sur internet qui, on l’espère, devrait faire des vagues. Il a déjà suscité le montage photos-vidéo ci-dessous. Simple, mais efficace!

Didier Awadi y va aussi de sa chanson, en français dans le texte cette fois. Les images de cette vidéo-là n’ont plus rien à voir avec les habituelles cartes postales du Sénégal…

Ma compilation de musiques africaines

modern-africa-cover

De l’afrobeat de Femi Kuti aux élans rock de Terakaft, de DJ Mujava au joueur de kora Toumani Diabaté, les musiques africaines modernes me réjouissent chaque jour d’avantage. En voici un aperçu sous la forme d’une compilation que j’ai réalisée dans la toute nouvelle collection de disques world du magazine Vibrations. Ce disque s’appelle Modern Africa et vient de sortir en magasins de disques. On peut aussi le commander et écouter des extraits audio sur le site vibrationsmusic.com. Pour plus d’infos sur ce projet et ces artistes, consultez la page Modern Africa de ce blog…

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