Archives du blog
Mon disque du mois d’octobre: Les Triaboliques
Cette fois vous allez dire que je radote… Après Justin Adams et Juldeh Camara, après Tinariwen, c’est au tour des Triaboliques, un autre projet de Justin Adams, d’être mon disque de chevet en ce mois d’octobre où les nuits tombent trop vite. Mais je ne suis pas gâteuse car ce disque est tout simplement un OVNI musical conçu par trois ex-rockers reconvertis aux musiques du monde. Le premier Triabolique s’appelle Ben Mandelson. Il fut la tête pensante du groupe de proto-world 3 Mustaphas 3 et joua avec Billy Bragg. Le deuxième, Lu Edmonds, est un ex-punk devenu un sérieux amateur de musique turque. Et le troisième est donc notre ami Justin Adams, guitariste de Robert Plant, ami de Sinead O’Connor, de Lo’Jo ou de Tinariwen. Tous trois ont roulé leur bosse aux quatre coins de la planète en quête de la note bleue, des vibrations essentielles. Cet enregistrement se présente comme un voyage extraordinaire entre monde urbain et primal, un pont entre passé et futur. Les genres musicaux les plus authentiques (blues, musiques du désert et de l’Ouest africain, guajira cubaine …) sont malaxés dans ce chaudron de cordes où guitares électrique, hawaïenne, mandoline et banjo turc sont en perpétuelle ébullition. Une calebasse, un harmonica viennent parfois rehausser le tableau. Difficile de croire que trois personnes ait pu créer un tel aimant musical, aussi puissant qu’intense. J’allais oublier… La reprise mémorable du classique «Don’t Let Me be Misunderstood» fondue dans un traditionnel d’Europe de l’Est. Il faut l’entendre pour y croire…
Mon disque du mois de juin: Justin Adams & Juldeh Camara
La pochette a elle seule résume le projet. Une rencontre entre un guitariste anglais, Justin Adams, passionné de blues et de musiques d’Afrique de l’Ouest et un joueur traditionnel gambien, Juldeh Camara. Le tout concocté avec autant de passion que de recul et d’humour. Ils jouent ce soir à Paris, au Cabaret Sauvage en trio (avec un percussionniste). Et comme je suis frustrée de ne pas aller les voir, je parle d’eux dans mon blog… Car leur nouvel opus, “Tell No Lies”, est aussi un de mes disques de chevet.
Activiste de la scène funk-dub anglaise. Vieil ami de Jah Wooble avec lequel il collabora activement au sein de «Invaders of the Heart», Justin Adams côtoie des musiciens des quatre coins de la planète depuis une quinzaine d’années. Récemment, il s’est également illustré en tant qu’arrangeur de Tinariwen. Juldeh Camara est un joueur de riti (violon traditionnel à une corde) et de kogolo (banjo à quatre cordes), un art qu’il a hérité de son père, un musicien qui parlait avec les esprits de la forêt. Personnalité magnétique, charismatique, il est avide de modernité et avance à grandes enjambées. De culture peule, il apprend la musique mandingue lorsqu’il s’installe à Banjul et s’immisce aujourd’hui avec autant d’aisance dans le monde du rock. Car c’est bien d’un vrai rock’n'roll africain, électrique, spirituel, à l’énergie transcendante dont il est question ici lorsque la guitare de Justin Adams rentre en collision avec son violon ou son banjo. «Il y a quelque chose dans les gammes pentatoniques qui vous transporte hors de vous-mêmes, quelque chose dans le chant du muezzin qui renvoie aux premières plaintes du blues… » me disait Justin Adams au Festival Musiques Métisses il y a deux mois! Ah, si j’étais à Paris, ce soir…
Justin Adams & Juldeh Camara, «Tell No Lies», Realworld/Harmonia Mundi
En concert à Paris avec Guem au Cabaret Sauvage, le 4 juillet



