Omar Suleyman et Group Doueh à Genève

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Le groupe Doueh, en tournée en Europe, a fait escale à Genève. Je n’y étais pas, mais la rumeur enfle que la Cave 12 fut enflammée par ce groupe du Sahara Occidental dont le leader est Monsieur Doueh, un guitariste impressionnant, le roi des sons distordus. Il fait voguer ses cordes électriques quelque part entre blues mauritanien, Jimi Hendrix et James Brown.

Le groupe Doueh partageait la scène avec Omar Souleyman, le grand maestro de la pop syrienne. Les deux groupes sont tous deux des artistes de l’excellent label américain Sublime Frequencies. Leur double concert fut bien roots comme en atteste les quelques extraits visibles en cliquant ici:

A comparer avec le kitsch des vidéos que Omar Souleyman fait de l’autre côté de la Méditerranée… A croire que Rachid Taha s’est trouvé un cousin éloigné en Syrie…

Publié le juin 22, 2009, dans Musique, et tagué , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 7 Commentaires.

  1. « L’excellent label Sublim Frequencies » ? Hum, je ne partage pas vraiment cet avis… Je trouve que les disques qu’ils sortent sont carrément honteux et irrespectueux des artistes. Les disques de Doueh ou Bambino ne sont vraiment pas à la hauteur de leur talent.

    Sous couvert d' »éthnomusicologie », ces gens vont partout, enregistrent n’importe quoi sur MD avec des sons pourris et foutent ça sur disque. C’est pas du travail, ça ! Pourquoi ne pas emmener simplement les artistes dans un vrai studio pour leur donner la chance d’enregistrer enfin dignement leur musique ? Avoir un son pourri n’est pas une fin en soi pour ces groupes, c’est juste une fatalité.

    En plus, la notion de royalties semble leur être inconnue, ils se content de donner une somme d’argent pour enregistrer puis plus rien sur les ventes. L’anti-professionalisme parfait, quoi.

    S’ils se permettent ça, c’est uniquement parce qu’ils travaillent avec des artistes du Sud, qui ont un besoin désespéré d’argent. Jamais ils n’oseraient avoir cette attitude avec un groupe américain, par exemple. Bref, c’est la bonne vieille attitude colonialiste dont on a bien du mal à se défaire…

  2. Eh bien. Je n’étais pas au courant de tout cela. En fait, je connais juste leur catalogue et je trouvais le choix des artistes intéressants et novateurs. Mais bon, je vois que le colonialisme musical n’est pas encore mort. Dommage…

  3. barrywhiteyoublackemperor

    Tout faux!! Ce n’est précisément pas de l’ethnomusicologie mais une rencontre à armes égales, c’est-à-dire ultra « do-it-yourself » et désargentée. Le but de Sublime Frenquencies n’est pas de claquer des dizaines voire des centaines de milliers de francs en studio façon Real World, pour ensuite amortir l’investissement par une promo agressive et une distribution en grande surface. Il s’agit ici d’une démarche et d’un réseau totalement différents, sans doute déroutants pour certains. Mais qui connaît le parcours des fondateurs de Sublime Frenquencies – à savoir le groupe post-punk stakhanoviste Sun City Girls (à rapprocher de The Ex) – ne songe pas un instant à leur reprocher de s’en mettre plein les poches ni de mépriser les musiciens « traditionnels ».

  4. La grande majorité des labels sont désargentés (tout le monde n’est pas Real World…), mais ce n’est pas une raison pour ne pas se comporter de façon professionnelle et ne pas respecter les musiciens. D’ailleurs, je ne leur reproche pas leur mode de distribution DIY (je viens du punk, moi aussi) mais plutôt leur mode de production.

    Et on se doute bien qu’ils ne s’en mettent pas plein les poches non plus en produisant des vinyls en édition limitée à 1000 exemplaires… C’est plutôt une démarche très élitiste, en fait.

    C’est d’ailleurs toujours marrant quand des blancs becs débarquent avec leurs idées vaguement libertaires alors que les populations essaient juste de s’en sortir et sont à 1000 lieues de ces considérations typiquement occidentales…

  5. barrywhiteyoublackemperor

    je préfère des blancs-becs aux idées libertaires que des blancs-becs pilleurs de sons ou formateurs de world de supermarché. je pense qu’il y a arnaque s’il y a mensonge, or ça m’étonnerait que Sublime Frequencies promette le Pérou. La tournée que Souleyman et Doueh viennent d’effectuer est en soi exceptionnelle, pour les groupes comme pour le public, qui se sont rencontrés sur une base totalement neuve, sans fatras ethno ni surmédiatisation malsaine. pour ma part le débat est clos, à moins que tu ne me fournisse des éléments concrets dépassant la perception subjective.

  6. Il est toujours révélateur de voir les interprétations européennes-occidentales de personnes qui ne savent pas le fonds des histoires et tirent leus conclusions à base de leurs points de vues égo-gustative-esthétiques-européens sans vraiment aller chercher à approfondir le fond de la démarche.
    Concernant l’épopée Sublime Frequencies, pour avoir parlé longument avec Alna Bishop et Mark Gergis (deux des fondateurs du label), il n’y a aucun doute ou quiproquo. Esthétique DIY (do-it-yourself), oui, car:
    – ils viennent de là avec les Sun City Girls (groupe foncièrement anti-colonialiste-américain)
    – cet esthétique sied et a plu/convaincu Group Doueh et Souleyman, qui pour la petite histoire ont jusqu’alors toujours refuser les grosses avances de « vrais » producteurs labels qui leur offraient gros sons, gros sous et « belles » conditions. Ils ont REFUSé de rentrer en studio à ces conditions par peur de perdre leur âme de rue, du désert, etc.. DIY justement.
    – Il est absolument faux d’avancer que aucune royalties n’est versé aux groupes enregistrés par Sublime Frequencies. Notion de revenu typiquement occidentale d’ailleurs qui échappe complètement à Group Doueh ou à Souleyman par exemple. Ceci dit, la majeure partie de l’argent récolté par les disques vendus sont reversés en liquide aux différents groupes. Par exemple, Alan Bishop repart en Indonésie après la tournée, pour redistribuer l’argent récolté par les disques vendus avec des personnes enregistrées là-bas auparavant. Lors de la tournée avec Doueh & Souleyman, absolument TOUS les disques vendus revenaient directement aux groupes.
    – Egalement à savoir: l’équipe Sublime Frequencies est complètement déficitaire sur tout ce qu’ils font. C’est-a-dire qu’ils paient tout de leur poche. Tournée, enregistrements, cd’s, etc… Alan Bishop m’a dit qu’il était à 30’000 dollars de déficit, mais qu’il s’en contre-foutait, tant que l’histoire continuait et que cela permettait à des gens de découvrir des perles insoupçonnées provenant de coin du monde reculé. Déficit également, parce que la plupart de l’argent récolté était reversé aux groupes justement. C’est par le don d’amis, de soutiens au travers le monde que l’histoire continuait. Il ne se font aucun argent. Ce n’est de toute façon pas le but. Etre une entreprise rentable sous-tend un tout autre fonctionnement, délaissant de côté le temps passé à l’étranger directement avec les groupes ou trasformant ceux-ci en produits.
    – Sur le nombre de tirage: oui, 1000 exemplaires, parce qu’ils ne peuvent pas en faire plus par manque de moyens. Et ils préfèrent faire 5 sorties à 1’000 exemplaires que 1 à 5’000 exemplaires. C’est plus riche, plus juste à leurs yeux et ils le disent eux-même, ils ne veulent absolument pas devenir une corporation-business se faisant des sous sur le dos de groupes extra-occidentaux par des méga-tirages et des méga-battages qui impliquerait un tout autre travail de marketing qui les empècherait de continuer à tisser des liens réellement humains avec les différents groupes.
    – c’est justement de cela qu’il s’agit. Privilégier le plus possible des liens de réelles amitiés avec des musiciens inconnus du monde entier pour que le public puisse les découvrir. En parlant avec Doueh et Souleyman et leur team, il n’y a aucun doute possible. Les deux teams étaient aux anges, comme des gamins en course d’école, prenant un plaisir fou à chaque instant. Et un fait important et non négligeable: Group Doueh et Souleyman ne se connaissaient absolument pas avant la tournée. Ils se sont cotoyé pendant environ un mois, se découvrant l’un l’autre musicalement et surtout humainement (ils parlent la même langue) et se sont adorés, soutenus et le contact entre eux est gardé. Il était super beau de voir à Genève les membres de l’autre groupe danser pendant que l’autre était sur scène. C’était un challenge également de la part de Sublime Frequencies que cette rencontre se passe et c’était vraiment pas gagné d’avance. L’un des désirs secrets de Sublime Frequencies est de créer des liens extra-occidentaux entre différentes entités musicales fortes de pays négligés, ils veulent juste être l’influx de tels possibles et de ensuite les laisser faire (tout en étant là, si besoin).

    Enfin, l’esthétique choisie est volontairement brute. Sans fioritures studios, mais le vrai son direct de là-bas. C’est ce qui plaît aux groupes enregistrés par eux en tout cas. Ensuite, c’est évidemment une question de goût, mais j’ai pour ma part toujours préférés les sons pourris mais authentiques aux sons sur-produits que me font détourner la plupart du temps l’oreille. C’est un goût: entre le mal-léché et le bien-léché, je préfère nettement le mal-léché.

    Pour ma part, et ayant fréquenté ces gens à Genève, je ne vois aucun esprit de colonisation là-dedans, mais une réelle passion et volonté d’aller à l’encontre de l’ailleurs en respectant ce que l’ailleurs EST dans toute sa globalité (au risque de leur vie, parfois… il y a des histoires croustillantes…).
    Et honnêtement, sans Sublime Frequencies et leur réel travail de fond, je ne sais pas si on parlerait aujourd’hui autant de Group Doueh ou d’Omar Souleyman.

    Il y aurait encore 10’000 choses à dire/approfondir, mais que leur aventure continue et tant pis pour les mauvaises langues pro Real World.

  7. je dois dire que je suis tres perplexe sur ce label
    je suis un musicien marocain et le fait de voir des autres mucisiens crédité sur la compil « radio moroco » sous l’apellation « inconnu’ alors qu’ils sont tres conu releve pour moi du manque de respect, tout simplement.
    quand à l’argulent de dire : « oui, mais au moins on parle d’eux » je suis désolé de préciser que c’est un argument qui, à leu age et au niveau de leur carrière, est un peu périmé.
    voilà mes impressions, sachant que je me set proche de ces gens, en tant que musicien, et que je sais qu’il existe dans ce milieu des gens pleins de bonne volonté

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