L’irrésistible groove éthiopien

Les vétérans de la scène d’Addis Abeba, Mahmoud Ahmed et Alemayehu Eshèté sont de retour avec leurs amis bretons du Badume’s Band.

Véritable bol d’air au sein du petit business des musiques du monde, Musiques Métisses n’aime pas les musiques formatées. Tant mieux. Cette année, le festival s’est même spécialisé dans les big bands. Les tambourinaires d’abord avec Les Tambours des Docks, les uniques Tambours du Burundi (sur lesquels je reviendrais) et les foudroyants Tambours de Brazza. Créés à l’initiative du batteur congolais Emile Biayenda, ils reviennent en force avec une musique complètement ouverte. Traditionnel, tribal, festif, moderne, cet ensemble de tambourinaires pas comme les autres accueille un violoniste, un rapper ou le chanteur mauricien Menwar quand ces membres ne s’adonnent pas à des joutes dansées impressionnantes. Un gros chaudron qui pulse au rythme de la passion musicale.

Parmi les autres bigs bands, il faut signaler les Guinéens des Espoirs de Coronthie, qui même entassés sur la minuscule scène du mandingue, parviennent à séduire avec leurs mélanges de rythmes soussous et mandingues, d’arpèges de la kora, de rifs électriques, de voix et de danses et le Bahianais Carlinhos Brown dans une prestation pourtant plutôt décevante. Sauvé in extremis par son amie Margareth Menezes.

Last but not least, Mahmoud Ahmed et Alemayehu Eshèté ont enflammé le public de la nouvelle grande scène en surmontant les obstacles de circonstance. À savoir, un public clairsemé – ils ouvraient la soirée à 19 h 30 –  et une lumière du jour encore éblouissante. Séducteur impénitent, en costard anthracite, le pas alerte et l’œil vif, Alemayehu Eshèté roucoule et oscille entre soul, twist et rock’n’roll, made in Addis Abeba.
Le charme de Mahmoud Ahmed est tout autre. Vêtu en habit traditionnel blanc de la tête au pied, il semble de prime abord plus réservé. On se surprend à tendre l’oreille après avoir été pris dans l’opération de charme facile d’Alemayehu Eshèté. Lentement mais sûrement, les Bretons du Badume’s Band montent le son de leurs cuivres, guitares et claviers. Mahmoud Ahmed, danse saute et accroche le public d’un sourire, d’une voix encore superbe. Et finit en apothéose avec ses grands succès («Ere Mela Mela», «Addis Abeba Beheté»,) dont le public entonne les refrains. Le temps s’accélère et déjà il est loin. Tout simplement impérial !

C’est cette formation que je fais venir jeudi prochain, pour un unique concert en Suisse à Genève (Plan-Les-Ouates) avec, en prime les Genevois de Imperial Tiger Orchestra en première partie. De la Suisse à La Bretagne, la musique éthiopienne fait des émules aux quatre coins du monde et s’offre une deuxième vie grâce à ces nouveaux contacts. Ne les ratez pas !

Imperial Tiger Orchestra, Badume’s Band, Alemayehu Eshèté et Mahmoud Ahmed. Plan-Les-Ouates. Salle du Vélodrome. Vendredi 27 mai, 20 h.

Publié le mai 23, 2010, dans Billets d'humeur, Général, Musique, et tagué , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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