Hommage à Lobi Traoré

Je rentre de vacances, je fais de l’ordre dans mes mails ainsi que dans mes vieux mails et je tombe sur celui-là daté du 3 juin. Lobit Traoré est mort depuis 3 mois et la nouvelle ne m’était pas parvenue. Je me souviens bien de ce petit homme au sourire touchant et à la gentillesse communicative que j’avais interviewé il y a une dizaines d’ années dans la cour du studio Bogolan à Bamako. Mais son producteur et ami, Philippe Conrath, également directeur d’Africolor, lui rend un hommage plus pertinent que tout ce que je pourrais vous raconter…

So long Lobi

«Un bon moment que je n’avais pas écrit de newsletter. L’automne qui dure, un milieu professionnel en vrille, une ambiance pas très souriante, rien ne me donnait trop envie d’en rajouter. Et puis ce matin, il fait beau, j’ai entendu quelques morceaux du groupe Nord-Sud en live hier soir, une prestation qui donne des envies de programmation  : l’énergie revient. Et le téléphone sonne pour m’annoncer que Lobi Traoré est mort d’une crise cardiaque, hier mercredi 2 juin à Bamako  !

Les souvenirs remontent à la pelle, des concerts surréalistes dans un bar à Bamako, une tournée en bus en Afrique de l’ouest en 1993 avec Danyel Waro, 36 heures coincés à l’aéroport de Johannesburg en 1998 parce qu’il n’avait pas de visa et que la police post apartheid m’avait déclaré  :  «  C’est ton ami  ! Tu restes avec lui  », des concerts inoubliables pour africolor et un type qui égrène sa musique au blues atypique et brut sans se poser de questions.

Auteur de ballades lancinantes et de chants qu’il qualifiait de «  mélancoliques et orphelins  », Lobi Traoré est né en 1961 à côté de Ségou, sur la rive gauche du fleuve Niger. A 16 ans, il traverse le fleuve pour intégrer un orchestre folklorique en tant que chanteur du répertoire bambara. Il part ensuite pour Bamako et  rencontre son premier mentor musical qui lui offre une guitare. Trois ans après, il découvre le Djata Band, l’orchestre de Zani Diabaté qui fait alors fureur à Bamako (c’est un des premiers orchestres maliens qui tournera en France dès le début des années 80)  : il y deviendra là aussi le chanteur du répertoire bambara (le Mali compte de nombreuses ethnies et dans chaque formation musicale d’importance il y a souvent plusieurs chanteurs pour toucher le public de chacune d’entre elles, qu’il soit bozo, pêcheur, peuhl, gardien de troupeaux ou songhai – ceux de la région de Tombouctou ).

Quand Lobi Traoré commence une carrière solo, il joue dans les mariages et les bars. C’est au «  Bozo  », un bar de Bamako célèbre pour sa bière, un haut lieu de la musique malienne qui n’existe plus aujourd’hui, que le public le découvre et apprécie son blues bambara au début des années 90.  Depuis, il avait enregistré plusieurs albums et fait de nombreuses tournées en Europe, au Canada et en Afrique. Il avait aussi rencontré Vincent Bucher, l’harmoniciste de blues parisien, qu’il retrouvait régulièrement. Son blues n’avait pas pris une ride. So long…»

Philippe Conrath

le site d’africolor

Publié le août 28, 2010, dans Non classé. Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

  1. I think your blog is marvelous I found it on Google. Definetely will return again! Cheers, Geroge

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :