Susheela Raman et Christine Salem ont conquis Réunionnais et music business

A L’île de la Réunion dans le cadre du IOMMA (2ème marchée des musiques de l’Océan Indien, qui s’est tenu du 29 au 31 mai), ce sont les femmes qui ont fait sensation.

Susheela Raman a emmené le public du Kabardock dans un show indo-rock foudroyant. Un peu avant, sur la terrasse de l’hôtel Iloha, elle nous racontait ses déboires lors de son récent passage en île Maurice. Son dernier album en date,  » Vel « , contient deux thèmes traditionnels tamouls,  » Paal « et  » Ennapane « .

La vidéo ci-dessous vous donne un aperçu de « Paal »:

Lors d’une cérémonie tamoule traditionnelle, peu avant son arrivée sur l’île, des jeunes hindous ont eu la mauvaise idée de jouer la version de Susheela Raman en lieu et place de l’original. Les conservateurs tamouls n’ont pas aimé et l’ont fait savoir. L’organisateur, a pris de peur a demandé à la chanteuse de ne pas jouer ces morceaux ou d’annuler purement et simplement son concert. Bien que blessée, Susheela a quand même accepté de monter sur scène pour ne pas décevoir son public (le concert était complet). En guise de protestation, elle et ses musiciens osèrent deux minutes de silence devant une audience médusée.

A l’île de la Réunion, pas de censure et Susheela Raman en profite pour se lancer dans un show énergisant. Dans cette région du globe où les rythmes empruntent autant à l’Afrique qu’à L’Inde, elle est vite au diapason de son public. A sa gauche deux musiciens du Rajasthan, un chanteur et un percussionniste à la frappe aussi percutante que puissante. A sa droite, son compagnon et redoutable guitariste, Sam Mills, balance des accords impressionnants et des effets de sons en tous genres. De sa voix soul, formée à l’école classique indienne, Susheela prend la scène avec fermeté, conviction, détermination.

Le lendemain, Christine Salem accompagnée de ses rouler et kayamb démontre la puissance incantatoire et hypnotisante de sa tradition : le maloya. Elle découvre adolescente cette musique des anciens esclaves de la Réunion et ne l’a jamais quitté depuis. Aujourd’hui devenue une des plus grandes ambassadrices du genre, elle travaille également à retrouver les pans perdus de son histoire, de ses liens avec d’autres régions de l’océan Indien, des Comores à Madagascar.

Au fil des années, sa démarche s’est affinée. Son big band est devenu quartet et son tour de chant a gagné en précision et en force. Avec le look d’une héroïne d’un film de Tarantino, Christine Salem chante de sa voix grave les langues qui l’habitent : créole, swahili, arabe. Derrière elle les tambours roulent, percutent et le public – constitué pour moitié de professionnels de la musique et pour l’autre de Réunionnais –  est galvanisé. La délégation sud-africaine n’y tient plus et ses lance dans des danses zoulous. Ce soir-là au théâtre Luc Donat, le vaudou a résonné bien au-delà de l’île de la Réunion. De quoi prouver définitivement que les musiques de l’océan Indien ne sont pas un vain concept.

Publié le juin 1, 2012, dans Billets d'humeur, Musique, et tagué , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :