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Mon disque du mois de novembre: Afrocubism

Nous sommes donc le 3 décembre, le temps pour moi de vous parler de mon disque du mois de novembre…

Cette fois ci, ce n’est pas que j’avais oublié, que j’étais surchargée ou je ne sais qu’elle autre raison du même ordre.Ça doit bien faire au moins deux semaines que je pense à ce fameux disque Afrocubism qui à peine sorti est déjà un carton. Seulement je fais un bloquage. Parce que j’aurais rêvé d’aller voir leur concert parisien à dimanche (concert déjà complet…) et que je ne peux pas et d’autre part parce que ça commence à être agaçant que tout ce à quoi touche Nick Gold soit immédiatement transformé en succès. Reste que je ne pouvais qu’aimer Afrocubism. D’abord parce qu’il y a deux de mes musiciens maliens préférés: le grandiose guitariste

Djelimady Tounkara

Djelimady Tounkara, ex gand manitou du Rail Band qui avait fait une réapparition aussi fulgurante que fugace le temps d’un album acoustique magnifique,«Solon Kono» (label Marabi). Et Bassekou Kouyaté dont le quartet de ngonis trafiqués est tranquillement entrain de révolutionner tout un pan de la musique traditionnelle malienne. Ces deux-là étaient prévus dans le projet originel de Buena Vista Social Club. Petit rappel des faits:  en 1996, Nick Gold, directeur du label World Circuit, aussi éperdu de musique malienne que cubaine, veut réhabiliter les liens entre ces deux cousines. Deux musiques qui flirtèrent ensemble dans les années 60 au moment où le Mali vient de gagner son indépendance et se tourne vers le socialisme. Il planifie un enregistrement de la crème des musiciens maliens et cubains, sous l’égide d’un certain Ry Cooder. Le tout étant filmé par Wim Wenders. Au dernier moment, les Maliens seront mis hors course à cause de problèmes de visas (déjà…).

Bassekou Kouyaté

La session aura quand même lieu avec toute la vieille garde cubaine. Le Buena Vista est né… Près de quinze ans plus, tard, Nick Gold, qui a la tête dure, a décidé de remettre sur les rails son projet initial. Du côté malien, outre Djelimady Tounkara (guitare), Bassekou Kouyaté (ngoni), on trouve encore Kassé Mady Diabaté (voix), Lassane Diabaté (balafon), Toumani Diabaté (kora) et du côté cubain Eliades Ochoa, l’homme qui chante «Chan Chan» dans l’enregistrement du Buena Vista, José A. Martinez (contrebasse) et Jorge Maturell (congas). Et, comme on pouvait s’en douter, tout ce beau monde joue vertigineusement bien. Vu le nombre et la virtuosité des musiciens maliens, ce sont eux qui «dominent».  Ils revisitent des classiques du répertoire mandingue («Jarabi», «Mariama») et se font plaisir dans quelques instrumentaux de leur cru comme sur ce «Djelimady Rumba» qui justifie à lui seul l’achat du disque. La magistrale et méconnaissable interprétation instrumentale de «Guantanamera» à la kora par Toumani Diabaté est un autre sommet de cet album. Enregistré dans les conditions du live en deux sessions, on sent l’aisance, l’expérience, l’inspiration. Il ne manque qu’un petit grain de folie, de complicité enthousiaste pour faire de cet « Afrocubism» le véritable pendant métisse du Buena Vista Social Club. Un peu de rôdage sur scène et le tour devrait être joué. Voilà pourquoi, le concert du 5 décembre au Bataclan ne peut être qu’un événement!  

Afrocubism, (World Circuit/ Harmonia Mundi)

Ma compilation de musiques africaines

modern-africa-cover

De l’afrobeat de Femi Kuti aux élans rock de Terakaft, de DJ Mujava au joueur de kora Toumani Diabaté, les musiques africaines modernes me réjouissent chaque jour d’avantage. En voici un aperçu sous la forme d’une compilation que j’ai réalisée dans la toute nouvelle collection de disques world du magazine Vibrations. Ce disque s’appelle Modern Africa et vient de sortir en magasins de disques. On peut aussi le commander et écouter des extraits audio sur le site vibrationsmusic.com. Pour plus d’infos sur ce projet et ces artistes, consultez la page Modern Africa de ce blog…

surprise sur myspace

Je suis entrain de préparer un article sur les griots d’Afrique de l’Ouest et, plus particulièrement, sur les nouveaux djelis de l’empire mandingue pour l’Hebdo. En me baladant sur myspace, je me suis rendue compte que la page de Toumani Diabaté avait reçu la visite de quelque 187’000 visiteurs et celle de Bassekou Kouyaté, plus de 100’000. Intriguée, je me suis logiquement dit que, dans ces conditions, les artistes maliens plus connus, comme Rokia Traoré devaient littéralement « exploser » leur myspace. Eh bien non! Rokia Traoré plafonne à 55’000 visiteurs, Habib Koité à moins de 50’000. Certes, je sais que la gestion des comptes myspace et la quantité d’amis que l’on entretient fait pour beaucoup dans le nombre de visites. Mais ça fait quand même du bien de savoir qui ces deux artistes  qui viennent de sortir des disques acoustiques révolutionnaires ont été entendus par autant de monde. En tous cas, moi ça me fait chaud au cœur.

PS. Renseignements pris auprès des maisons de disques respectives de Toumani Diabaté et Basskou Kouyaté, ces deux CDs se sont vendus à près de 20’000 exemplaires dans nos contrées. Joli score (j’ai encore plus chaud au cœur).

Bassekou Kouyaté, Segu Blue, Out Here Records

Toumani Diabaté, The Mandé Variations, World Circuit