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Mark Kelly et Mambi pour une dernière mémorable au Café Addis

Je ne sais pas si je vous l’ai déjà dit, mais j’ai créé avec trois fous dans mon genre une association: Addis Sounds. Notre but: proposer régulièrement de rendez-vous musicaux inédits avec des musiciens d’ici, originaires d’ailleurs. D’abord parce qu’en Suisse romande, ce genre de musiques est sous représenté (hormis les festivals). Ensuite, parce que vu le climat ambiant de frilosité, de peur de l’autre, il est parfois bon de rappeler que la musique peut toujours rassembler.

A l’origine aussi, il y avait ce café africain qui venait d’ouvrir en bas de chez moi. Passé la première salle et une volée de marches, se trouvait un deuxième espace chaleureux pour lequel j’ai craqué. J’ai commencé par y organiser des concerts en solo avec, parmi les meilleurs musiciens africains du coin: Kara, Nana Cissokho… C’est là que les autres (Edgar, Sylvie et Florian) sont apparus, enthousiastes à l’idée de participer. Addis Sounds est né. Sitôt après les ennuis ont commencé pour le café Addis, la police du commerce ayant repéré le lieu et le jugeant trop bruyant.

Du coup, Addis Sounds est devenue nomade, d’abord pour un double concert mythique de Boubacar Traoré à la Datcha. Mais, comme on aimait vraiment trop le café Addis, nous y sommes revenus deux fois. D’abord pour un concert sans aucune amplification de l’excellent groupe de rebetiko de Genève, Rebeteke puis pour une rencontre entre Mark Kelly et Mambi. Ça c’était vendredi dernier. Un concert qui marquait aussi la fin du café Addis, le patron ayant décidé de jeter l’éponge.

Mark Kelly est un songwriter anglais qui a établi – on ne sait pourquoi – ses quartiers à Vevey. Mark Kelly c’est aussi un indigné, un militant, un performer, un bon vivant qui aime les scènes libres, les performances… Mambi est un percussionniste cubain qui s’est installé à Lausanne depuis belle lurette pour des raisons de cœur… Mambi est un très très grand instrumentiste. Il a joué avec beaucoup de beau linge dont Chucho Valdès. Il peut passer des congas, à la calebasse ou aux grelots. La rencontre de ces deux-là, ne pouvait donc qu’être explosive. le premier parle français avec un énorme accent anglais et pas un mot d’espagnol. Le second ne parle ni français ni anglais. Aux répétitions, c’était déjà quelque chose. Dimanche après-midi à la radio, dans l’émission Kalakuta sur Couleur 3, ils se sont faits enregistrer alors qu’ils croyaient encore être entrain de répéter…

Au café Addis (plein à craquer), le show fut forcément artisanal. Mambi était au four (aux percussions) et au moulin (au son). Mark Kelly a tout de suite mis tout le monde d’accord en faisant chanter le public dès le premier morceau.  En deux sets, ces deux-là ont démontré que le drôle de mélange soul-folk-blues allumé de Kelly pouvait très bien s’accomoder de transes latino. Clairement, c’était Mark Kelly qui traçait la ligne conductrice. Mais Mambi s’est inséré dans son répertoire avec beaucoup de feeling,de subtilité aussi. A peine s’est-il permis une ou deux petites descarga…… Et Mamadou, rapper sénégalais, fidèle des soirées de l’Addis, s’est même emparé du micro pour une jam transculturelle!

Bref, pour avoir une idée, j’ai essayé de filmer le final sur mon Iphone. Mais bon j’étais mal placée,il n’y avait pas de lumière et j’ai dû tourner une ou deux fois mon appareil…. Ça donne quand même une idée de l’ambiance. Quant aux photos qui illustrent cet article – nettement plus pro – elles sont signées d’Edgar Cabrita.

Ah, j’allais oublier: le prochain concert de l’Association Addis Sounds, ce sera le Raaga Trio, une rencontre entre deux Genevois (Andreas Fulgosi et Guillaume Lagger) et deux musiciens d’Afrique de l’Ouest (Andra Kouyaté et Baba Konaté) au Mombasa cette fois (rue de l’Ale 35). Et après, il aura plusieurs concerts au caveau Weber dans le cadre du off Cully Jazz Festival. Mais ça je vous en reparlerai.

Alphüttli Jodler Club versus Erika Stucky

Vendredi dernier, j’ai été l’instigatrice d’une soirée intitulée « Le Son des Helvètes » avec le Alphüttli Jodler Club et Erika Stucky à l’Espace Vélodrome de Plan-Les-Ouates (Genève), Au final il y a eu un joli ping pong entre les Jodleurs éparpillés dans le public et Erika Stucky sur scène. J’ai expliqué et filmé tout ça (avec mon Iphone, soyez donc indulgent pour la qualité!) sur le blog Swiss Vibes. Allez-y jetez un oeil!

Les Espoirs de Coronthie au Festival de la Cité de Lausanne

C’est un de mes groupes africains actuels préférés. Partis de rien ou presque, les espoirs de Coronthie sont un défi sans cesse renouvelé. Un des groupes phares de Conakry qui ose se lancer à l’assaut de l’Europe en big band avec trois chanteurs, pas mal de percussions, des guitares et un joueur de kora plutôt inspiré. Vous pouvez lire ici, un article plus détaillé que je leur avais consacré dans le magazine Vibrations. Mais surtout venez nombreux au Festival de la Cité, à la scène de la Fabrique (derrière la Cathédrale). C’est gratuit et deux soirs de suite: mardi 6 et mercredi 7 juillet  à 20 h 30. Soyez ponctuels, car leur spectacle ne dure qu’une heure et que, comme je me tue à vous le dire, ça en vaut vraiment la peine.

Swiss Tango

Il y a quelque temps, j’ai rencontré Horacio Molina. Horacio Molina est, comme il se définit lui-même sarcastiquement,«une légende vivante du tango». Le genre de légende que j’apprécie.
Précisons d’emblée que je ne connais rien au tango. J’ai quelques disques du label Manana (le label d’Eduardo Makaroff, un des membres du Gotan Project), dont le sien, un disque de Caceres et un autre de Melingo. A part ça, ma culture du tango est quasi nulle. En sirotant un thé au buffet de la Gare de Lausanne, j’attendais Horacio Molina afin de lui tire le portrait pour Le Courrier. Et je me maudissais de m’être lancée dans une telle aventure, en néophyte. Quand j’ai vu arriver ce Monsieur très digne aux cheveux blancs, j’ai tout de suite compris que j’avais affaire à quelqu’un d’exigeant. Impossible de tricher. J’aborde donc l’entrevue en lui lançant «Je ne connais rien au tango, mais ça m’intéresse». Et lui de me répondre. «Tant mieux. Je vais pouvoir vous expliquer».

Et le voilà se remémorant ses premiers souvenirs de Gardel, son amitié avec Mercedes Sosa ou s’enthousiasmant à propos de deux morceaux qu’il a enregistrés avec le Brésilien Dori Caymmi pour son nouvel album. Happée par ses yeux qui brillent et son sourire, je décide de reporter un déplacement pour aller le voir le surlendemain en concert à Onex, près de Genève. Là, le charme finit d’opérer. Accompagné au piano par son ami Gustavo Beytelmann, Horacio Molina se révèle être homme de spectacle complet. Un humoriste (les journalistes en ont pris plein la tête ce soir-là), doté d’une voix d’une subtilité extraordinaire. Un grand romantique. Depuis nous avons sympathisé et nous sommes revus plusieurs fois. De quoi approfondir mon approche du tango. Ou plutôt mon écoute du tango.

Si Horacio Molina est l’archétype du tango romantique, Melingo s’impose s’impose en Tom Waits distingué. Sa voix grave et rauque imprime une impulsion canaille à son répertoire de chansons. Son album, «Maldito Tango» tire d’ailleurs des liens entre les poètes maudits d’Argentine et ceux du reste du monde.

De Madrid à Paris, ce chanteur formé au classique, puis rompu au rock, a su trouver sa voie dans le style national de son pays d’origine. « Le renouvellement vient de ceux qui aiment le tango et dont l’intention primordiale n’est pas de le renouveler, mais simplement d‘apporter son grain de sable. Sans penser au futur, mais plutôt au passé» explique ce très grand « performer ».

Justement, quelques mois après Horacio Molina, Melingo vient également se produire à Genève. A croire qu’une véritable connexion suisse du tango est entrain de s’établir.

Horacio Molina, Melingo: deux générations, deux trajets, deux personnalités radicalement différentes. Et pourtant chacun à sa manière fait bouger, vibrer un genre qu’on aurait tort de vouloir enfermer dans un carcan.

Melingo. Plan-Les-Ouates (Genève), Espace Vélodrome, jeudi 25 mars, 20 h. Billets en ligne ici.

Mon disque des mois de novembre et décembre: Abaji

Je m’étais bien jurée de ne pas me faire prendre par le stress d’avant Noël. Résultat: plusieurs semaines que j’ignore mon blog et que je n’ai même pas réussi à assurer le service minimum, à savoir partager mon disque du mois dans ces pages! Je me rattrape avec un disque qui peut s’écouter un mois, deux mois ou toute une vie…  Son auteur, Abaji est un musicien greco-turco-arménien qui grandit au Liban avant de s’installer à Paris lorsque la guerre du Liban éclate.  «Origine Orients» est son cinquième opus sous son nom. Un musicien que les critiques américains, toujours friands d’étiquettes qualifient de «derwiche du Mississipi» de «Dylan chantant en arabe». Voilà plus de trente ans qu’Abaji s’abreuve aux sources de ses deux passions musicales: le blues et les musiques orientales. Pour cet enregistrement solo, Abaji a toutefois opéré de façon radicale. Il est aller s’enfermer en studio, seul, pendant 48 heures. Percussions attachées aux pieds, guitares et flûtes des quatre coins du monde à portée de main, il s’est laissé porter par son inspiration du moment pour enregistrer plus de 40 morceaux. Un exercice qui nécessite pas mal de concentration, de contrôle et d’écoute de soi, de feeeling. Toute chose qu’Abaji possède. Les quatorze pièces de ce voyage intérieur finalement retenues sur «Origine Orients» en font une démonstration éclatante. Abaji a mis son talent au service de son émotion, d’une mise à nu. Sa voix, souvent dans les graves (mais capable de monter très haut aussi), chante en cinq langues et évoque  un univers intérieur foisonnant. Un blues mutant et universel qui frappe en plein cœur. Abaji est en concert à Paris ce soir et demain soir. A ne pas rater pour ceux qui sont sur place. Quant aux autres, ils peuvent visionner ci-après la vidéo de « Desert To Desert » prise pendant l’enregistrement de son disque.

En concert avec Nawal Raad (danses d’Orient)  à Paris, Théâtre de la Reine Blanche (2 bis, passage Ruelle, 75018 Paris), lundi 21 et mardi 22 décembre à 21 h.

Abaji, «Origine Orients» (Dist F: Harmonia Mundi. Dist CH: Disques Office)


Tinariwen, le pas du chameau

Tinariwen 01©thomasdorn

Le grand groupe touareg, poursuit sa voie authentique, sans concession. En concert à Genève mercredi 14 octobre 2009.

(Cet article est initialement paru dans le numèro de septembre du magazine Vibrations)

Ils se battent pour du sable et des cailloux : voilà près de vingt ans que le peuple touareg, séparé arbitrairement par des frontières au moment de la décolonisation, se bat pour son unité, pour son identité aussi. De mouvement de rébellion en riffs de guitare, ce bout de désert-là continue de refuser de se taire. Du groupe de femmes, Tartit, aux rockers de Tinariwen, l’homme bleu sort de son désert et conquiert les scènes musicales du monde entier. Avec leurs guitares électriques, leurs chants murmurés, leur blues désossé, cachés dans leurs chèches, les musiciens de Tinariwen exercent une fascination digne de pop stars. L’histoire commença  à la fin des années 70. Deux chômeurs du nom d’Ibrahim et Intiyaden, en exil en Libye, découvrent la guitare, s’en emparent et se mettent à composer. Et sont bientôt rejoints par d’autres. Tinariwen est né. Pour la première fois des chansons touarègues expriment des sentiments – l’exil, la nostalgie. la vie quotidienne – au lieu des grands poèmes classiques de la culture touarègue. Bientôt les chansons se font plus militantes, plus politiques et les cassettes du groupe circulent discrètement dans tous les campements et villages touaregs. Parallèlement, un mouvement de rébellion revendiquant un statut d’autonomie, le droit à l’éducation et au développement, prend de plus en plus d’ampleur. Les frontières nationales arbitrairement tracées dans le désert au moment de la décolonisation, restent le problème majeur pour ce peuple écartelé sur plusieurs états. Tinariwen devient le chantre du mouvement. Sa renommée grandit, de Tombouctou à Tamanrasset.
En 2000, après une éclipse, le groupe renaît de ses cendres et démarre une carrière internationale grâce à une rencontre avec le groupe français Lo’jo. Aujourd’hui, les membres de Tinariwen oscillent entre tournées et vie de nomade dans le désert, Un grand écart entre deux mondes que tout oppose, salué aujourd’hui par la sortie d’un troisième album, «Imidiwan».

Une question de devoir

«Le choix d’enregistrer dans le désert a été fait pour avoir le son du désert, avec les parasites, le vent… Mais aussi pour retrouver notre inspiration dans un milieu naturel.» explique le charismatique Ibrahim, dans l’appartement parisien de l’un de ses amis. Ce grand bonhomme, faussement nonchalant, toujours un peu avec vous mais un peu ailleurs aussi, n’est pas franchement convaincu par l’exercice de l’interview. Il ne se sent d’ailleurs guère à sa place dans la capitale française, mais continue sa trajectoire de rock star malgré lui, par devoir envers sa communauté, son peuple.
Attirer coûte que coûte l’attention du plus grand nombre sur ce petit bout de désert, telle est désormais la mission de Tinariwen. Un petit bout de désert qui excite de plus en plus la convoitise des multinationales et des grandes puissances. Pétrole, uranium, soleil : sous le sable et les cailloux, toutes les énergies sont là, pour le plus grand malheur du peuple touareg… Un peu plus à l’Est dans le désert, la ville nigérienne d’Arlit est bien connue pour ses mines d’uranium à ciel ouvert exploitées sans grande considération pour la population locale. Dans la région de Kidal, la ville dont est originaire Tinariwen, de l’uranium a déjà été trouvé et des contrats établis avec une compagnie australienne… De quoi faire trembler «Il y a une énorme ignorance de ce qu’est l’uranium chez les touaregs. Beaucoup pensent que ce sont de simples cailloux. C’est cette partie de la population qui est utilisée pour l’exploitation des mines. Ceux qui connaissent les dangers de l’uranium ne sont pas consultés.» reprend Ibrahim.
Et même si Tinariwen ne parle pas explicitement de ces problèmes dans ses chansons, même s’ils ont désormais opté pour la poésie plutôt que pour le militantisme, ils continuent à jouer les ambassadeurs d’un peuple et d’une culture millénaire menacée. Leur souci de persévérer, d’intégrer des structures auxquelles ils ne comprennent rien, est une façon en soi de faire avancer leur cause. Comme le dit Justin Adams, arrangeur de leurs premiers albums, «Avec Tinariwen, c’est comme si j’avais découvert le centre, l’essence de toutes les musique africaines qui m’intéressaient jusque-là.  En plus, il y a leur engagement. Même sans comprendre un traître mot de tamashek, on peut sentir le sérieux de leur démarche. On pense évidemment à Bob Marley…».

Nostalgie et unité

Le nouvel album du groupe évite une fois encore les écueils dans lesquels d’autres seraient tombés: une production plus poussée, un « gros » son qui les propulserait au sommet des charts … Et l’on sent de suite que les treize chansons rassemblées ici ont été rodées au coin du feu. Tinariwen, groupe à géométrie variable par essence, a ouvert grand les portes de son studio mobile. Les femmes, avec leurs chants enjoués et leurs claquements de mains, viennent soutenir les sourdes complaintes d’Ibrahim, Hassan, Abdallah, Intidao … Certains «anciens » membres du groupe, sont aussi revenus. Ainsi Mohammed, dit Japonais, le temps d’un morceau, magnifique chanson sur les regrets, l’anxiété, le temps gâché. Ou Diara dont la guitare magique hante deux titres. Le rythme reste toujours réglé sur «le pas du chameau», mais les ambiances varient Selon les auteurs des morceaux. «C’est une question d’unité. Chacun des membres du groupe pourrait faire un album tout seul, Mais nous avons choisi d’être ensemble et chacun a sa place !»

Tinariwen, Imidiwan, AZ/Universal

Omar Suleyman et Group Doueh à Genève

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Le groupe Doueh, en tournée en Europe, a fait escale à Genève. Je n’y étais pas, mais la rumeur enfle que la Cave 12 fut enflammée par ce groupe du Sahara Occidental dont le leader est Monsieur Doueh, un guitariste impressionnant, le roi des sons distordus. Il fait voguer ses cordes électriques quelque part entre blues mauritanien, Jimi Hendrix et James Brown.

Le groupe Doueh partageait la scène avec Omar Souleyman, le grand maestro de la pop syrienne. Les deux groupes sont tous deux des artistes de l’excellent label américain Sublime Frequencies. Leur double concert fut bien roots comme en atteste les quelques extraits visibles en cliquant ici:

A comparer avec le kitsch des vidéos que Omar Souleyman fait de l’autre côté de la Méditerranée… A croire que Rachid Taha s’est trouvé un cousin éloigné en Syrie…

Lenine enflamme le Cully Jazz Festival

Déflagration musicale, vendredi soir, sous le chapiteau. Mémorable.

D’abord, il y eut Tcheka,  son charme, ses chansons entraînantes, subtiles, sa créolité et sa sensibilité à fleur de peau. Et puis, il y eut Lenine, son producteur, dans une formule scénique aussi minimale que… puissante. Une silhouette se glisse sur scène, saisit rapidement une guitare électrique et c’est parti… À ses côtés un bassiste, un batteur, un autre guitariste et maestro des samplers du nom de … Tolstoy. Surdoué, Lenine démontre d’emblée que les langages musicaux de son pays (samba, forro, maracatu)  comme ceux des grands courants internationaux (funk, reggae et rock) ne sont que de simples gammes, des outils de création. Ça joue fort, très fort et les deux premiers rangs du chapiteau ne tardent pas à se vider. Mais Lenine ne semble même pas s’en apercevoir tant il est entièrement dans l’instant, dans sa musique.

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La scène est régulièrement traversée par plusieurs « assistants» qui apportent de nouvelles guitares, fixent un câble, ajustent un casque… Grâce à eux, les musiciens délaissent les considérations techniques pour se concentrer sur la construction du spectacle, d’une précision implacable. Ils s’immergent totalement dans un crescendo de rythmes, de breaks, de sons, d’extraits folkloriques. Tolstoy fait glisser sa baguette sur le manche de sa guitare électrique, joue des effets de pédales ou de samples. Ces quatre-là semblent partis pour ne plus s’arrêter quand soudain c’est la pause: Lenine s’empare de sa guitare acoustique, vire ses acolytes et balance quelques ballades de son cru; histoire de montrer qu’il sait aussi faire ça.  Final en apothéose avec son hit «Alzira e a Torre» que ses fans brésiliens chantent à plein poumons. Les côtés de la salle tanguent, le public assis se lève pour saluer son héro, désormais totalement désinhibé. Lenine, ému, salue pour la énième fois le public décidément incroyable du Cully Jazz Festival.