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Dorsaf Hamdani, entre émotion et exigence

A l’écoute de son disque parut au début de l’année sur l’excellent label Accords Croisés, on ne peut que tomber sous le charme de Dorsaf Hamdani. Certaines des mélodies sont connues (celles d’Oum Kalsoum en particulier), mais les arrangement épurés et sa voix impressionnante donnent le frisson. L’impression de découvrir une réincarnation – version 2012 – des grandes dames de la chanson arabe. Après l’avoir interviewée, j’ai craqué et j’ai invité Dorsaf Hamdani à jouer à l’Espace Vélodrome de Plan-les-Ouates vendredi 12 octobre. Ci-dessous, le petit article que j’avais fait sur elle dans le numéro de mars de Vibrations.

Et ici une vidéo pour un aperçu de ce que va être le concert de vendredi. Ne le ratez pas! Les billets c’est par ici!

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« Oum Kalsoum c’est la force, l’ensorcellement, Asmahan, c’est la nostalgie, la tendresse et Fairouz, c’est la voix de l’ange ». Pour Dorsaf Hamdani, la chanteuse qui les réinterprète aujourd’hui, ces trois princesses du chant arabe ont été des initiatrices aux techniques et aux styles bien distincts. Trois pans d’une culture qui l’habite. Née Tunisienne, Dorsaf Hamdani est repérée pour sa voix juste, percutante, dès la maternelle. Très jeune, elle suit son talent. Elle étudie au conservatoire, puis auprès des grands maîtres de malouf que sont Taher Garsa et Abdelhamid Ben Algia. Elle approfondit ses connaissances à l’Institut Supérieur de Musique de Tunis. Et prête sa voix aux grands orchestres les plus renommés. Après un séjour de 6 ans à Paris, après un spectacle remarqué autour de JalaluddinRumi et de la musique des derviches, elle a fait beaucoup parler d’elle dans la création Ivresses où elle rend hommage à l’écrivain perse Omar Khayyam aux côtés de Ali Reza Ghorbani.

Dans ce premier album sous son nom, cette chanteuse trentenaire a voulu apporter sa touche, son ressenti, « son âme » à ce répertoire arabe, classique parmi les classiques. Pour ce faire, elle a choisi l’épurement, s’entourant de cinq musiciens virtuoses des cordes et des percussions. « Je ne veux ni ne suis capable de faire une copie conforme. Tout ce que j’ai fait jusqu’ici, tout ce que j’ai écouté s’est mélangé en moi et ça donne quelque chose de différent». Parallèlement à ce travail d’interprète, Dorsaf Hamdani, s’essaie aussi à la composition dans un registre complètement différent : celle de la chanson à textes en dialecte tunisien. Car Dorsaf Hamdani est une femme moderne, moderne dans le respect de la tradition.

 CD : Dorsaf Hamdani, « Princesses du Chant Arabe » (Accords Croisés/Harmonia Mundi).

Concert : Plan-Les-Ouates, vendredi 12 octobre, 20h.