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Mon disque du mois de février: Bau

Je suis entrain de me poser la question de rebaptiser ce blog « guitar addict« . Si ça continue comme ça, je ne vais bientôt écouter plus que des cordes. Mon disque du mois de février aurait pu être le disque posthume de Johnny Cash (le volume VI de la série American Recordings) qui paraît en ce 26 février 2010,  jour de son 78 anniversaire. Une œuvre crépusculaire où tout est dans la voix et dans les paroles et où la guitare n’est là que pour surligner le propos. Mais j’ai finalement opté pour «café Musique» de Bau, un disque à l’extrême opposé puisque entièrement instrumental. Attention Bau n’est pas un de ces virtuoses chiants qui aime les effets de manche! Ce musicien cap-verdien, grand amateur de Al Di Meola ou Stéphane Grappelli (il joue aussi du violon) possède sans conteste une technique vertigineuse, faite d’accélérations, de décélérations et d’un sens du son brillant. Mais cette technique est mise au service d’un univers musical foisonnant, tour à tour nostalgique, nerveux ou entraînant. Dans lequel se fondent ici et là des thèmes connus. Auteur de six disques instrumentaux, ex-directeur musical de Cesaria Evora, Bau est un cas à part. Et ce best of synthétise parfaitement sa clairvoyance et son intensité musicale. En un mot finissant un fort beau disque!

Bau, Café Musique (Best of) Harmonia/Lusafrica/Sony

Mon disque du mois d’octobre: Les Triaboliques

LES TRIABOLIQUES Rivermudtwilight pochette

Cette fois vous allez dire que je radote…  Après Justin Adams et Juldeh Camara, après Tinariwen, c’est au tour des Triaboliques, un autre projet de Justin Adams, d’être mon disque de chevet en ce mois d’octobre où les nuits tombent trop vite. Mais je ne suis pas gâteuse car ce disque est tout simplement un OVNI musical conçu par trois ex-rockers reconvertis aux musiques du monde. Le premier Triabolique s’appelle Ben Mandelson. Il fut la tête pensante du groupe de proto-world 3 Mustaphas 3 et joua avec Billy Bragg. Le deuxième, Lu Edmonds, est un ex-punk devenu un sérieux amateur de musique turque. Et le troisième est donc notre ami Justin Adams, guitariste de Robert Plant, ami de Sinead O’Connor, de Lo’Jo ou de Tinariwen. Tous trois ont roulé leur bosse aux quatre coins de la planète en quête de la note bleue, des vibrations essentielles. Cet enregistrement se présente comme un voyage extraordinaire entre monde urbain et primal, un pont entre passé et futur. Les genres musicaux les plus authentiques (blues, musiques du désert et de l’Ouest africain, guajira cubaine …) sont malaxés dans ce chaudron de cordes où guitares électrique, hawaïenne, mandoline et banjo turc sont en perpétuelle ébullition. Une calebasse, un harmonica viennent parfois rehausser le tableau. Difficile de croire que trois personnes ait pu créer un tel aimant musical, aussi puissant qu’intense. J’allais oublier… La reprise mémorable du classique «Don’t Let Me be Misunderstood» fondue dans un traditionnel d’Europe de l’Est. Il faut l’entendre pour y croire…

Omar Suleyman et Group Doueh à Genève

Group_Doueh_02_copy
Le groupe Doueh, en tournée en Europe, a fait escale à Genève. Je n’y étais pas, mais la rumeur enfle que la Cave 12 fut enflammée par ce groupe du Sahara Occidental dont le leader est Monsieur Doueh, un guitariste impressionnant, le roi des sons distordus. Il fait voguer ses cordes électriques quelque part entre blues mauritanien, Jimi Hendrix et James Brown.

Le groupe Doueh partageait la scène avec Omar Souleyman, le grand maestro de la pop syrienne. Les deux groupes sont tous deux des artistes de l’excellent label américain Sublime Frequencies. Leur double concert fut bien roots comme en atteste les quelques extraits visibles en cliquant ici:

A comparer avec le kitsch des vidéos que Omar Souleyman fait de l’autre côté de la Méditerranée… A croire que Rachid Taha s’est trouvé un cousin éloigné en Syrie…