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Aziz Sahmaoui et son Université gnawa débarquent à Genève

Aziz Sahmaoui & The University of Gnawa ©Lagos

Aziz Sahmaoui & The University of Gnawa ©Lagos

Il est l’un des fondateurs de l’ONB. Il donne un nouveau souffle à la musique gnawa. Il est l’un de mes musiciens préférés et il joue dans le cadre de la soirée que j’ai montée pour mon quotidien préféré, Le Courrier, le 26 janvier. Une  soirée qui vient clore toute une journée placée sous le thème « D’ici et D’ailleurs ».

Il c’est Aziz Sahmaoui qui, en quelques notes, sait vous transporter dans son univers musical. « Quand on arrive au Maroc, on découvre différents rythmes, des rythmes qui sont toujours plus profonds ; une forme de transe. Quand on arrive au Sénégal, c’est encore plus fort. En écoutant bien, on se rend compte que ce sont les mêmes codes. Ils sont juste joués et transmis autrement.» Sur son premier CD « University of Gnawa », Aziz Sahmaoui a convié musiciens Marocains, Sénégalais et Français à partager son héritage musical.

Après avoir sévi dans l’ONB où il écrit la plupart des compositions du groupe, il fut aussi le compagnon du maestro du jazz fusion, Joe Zawinul, de 2004 à sa mort quelques années plus tard. « Au sein du Syndicate, il fallait avoir une endurance, une vitesse d’exécution et une concentration maximale. On ne savait jamais quand on allait avoir la parole. C’est un peu comme en classe, dans un cours passionnant. On suit et tout d’un coup c’est à nous. J’aime  l’improvisation. Parfois il y avait un pépin électronique et ça y est, c’était à moi de raconter mon histoire. A la fin, Joe Zawinul ne pouvait plus marcher, mais il n’a jamais voulu arrêter. Jamais il n’a baissé le tempo. »

Depuis tout petit, Aziz Sahmaoui aime la stimulation. Né au Maroc, il baigne dans la musique même si ces parents ne sont pas musiciens. « Au Maroc, le rythme passe à travers les portes fermées, à travers les murs, il nous appelle. ». Du moins pour ceux qui y sont sensibles. Et Aziz Sahmaoui est de ceux-là. Il se rappelle encore son premier concert, le premier rythme qu’on lui demanda de faire enfant pour soutenir un musicien dans une fête. Arrivé à Paris, il apprend le solfège pour ne « plus naviguer à l’aveuglette ». Dès le milieu des années 80, il anime des mariages avec d’autres musiciens maghrébins. Dans ces prestations marathon, il passe du chaabi au raï, du kabyle au rock, du gnawa au funk. Il remarque que le public adore. Le concept de l’Orchestre national de Barbès prend forme. Avec ce drôle de big band, il écume les scènes de France. Et lorsque le premier CD-live du groupe paraît en 1997, il est rapidement consacré disque d’or. Les succès s’enchaînent et Aziz Sahmaoui ne tarde pas à se lasser. Il n’hésite donc pas quand Joe Zawinul vient le chercher.

A la mort de ce-dernier en septembre 2007, c’est le trou noir, le silence. Aziz Sahmaoui a besoin de rester seul. Il jette un regard sur les pièces qu’il n’a cessé d’écrire pendant toute sa vie, les reprend, les affine. Parallèlement il est invité par le producteur Martin Meissonnier à participer à l’album acoustique de Khaled. Il apprécie la façon de travailler de ce-dernier et lui soumet ses compositions. Un répertoire se met en place et le disque « University of Gnawa » paraît en 2011. Sans batterie, avec des mots qu’il a inventés, aidés de musiciens audacieux, s’appuyant sur des riffs acérés et des instruments traditionnels, Aziz Sahmaoui crée une nouvelle voie pour la musique de son cœur.

Une grande partie de cet article est initialement paru dans Le Courrier du 12 avril 2012

 Aziz Sahmaoui, « University of  Gnawa » (General Pattern/Musikvertrieb)

En concert dans le cadre de la journée « D’Ici et D’ailleurs » organisée par Le Courrier le 26 janvier 2013 (20h).
En première partie, les Genevois férus de musique éthiopienne et leurs incroyables danseurs: Imperial Tiger Orchestra.

Le triomphe impérial d’Hamelmal Abaté

Evidemment, vous ne vous attendiez pas à ce que je vous dise que le Nouvel An éthiopien, proposé dans le cadre du Festival de la Bâtie et pour lequel j’ai bossé d’arrache-pied, ait été un flop… En toute subjectivité, ce fut un triomphe qui dépassa toutes mes attentes. La veille pourtant, le stress était à son comble. Lors de la répétition générale à la salle du Faubourg de Genève, Imperial Tiger Orchestra et Hamelmal Abaté passèrent pas moins de 3 heures à mettre au point l’ordre de passage des morceaux de leur set, un set prévu pour durer également 3 heures… Puis ils se précipitèrent dans les studios de la Première pour y jouer en direct deux morceaux live dans l’émission Radio Paradiso.

«Un set de trois heures, c’est une folie furieuse» me dis-je en mon for intérieur et un peu aussi en mon for extérieur. «Mais non,  me rassure Luc le percussionniste, tout le challenge est là!». «Ne t’inquiète pas, on va finir par faire 2 h 30», ajoute Raphaël, toujours diplomate… Le jour J, samedi 10 septembre, vers 22 h, alors que la salle se remplit gentiment, j’oscille toujours entre excitation et inquiétude. Est-ce que tout cela est bien raisonnable? La communauté éthiopienne va-t-elle suivre? Nous attend-elle au contour? Les tigres genevois vont-ils être à la hauteur? Les Suisses vont-ils supporter trois heures de concert? Pendant que je cogite, Malcolm Catto, batteur des Heliocentrics et excellentissime DJ, vogue joyeusement entre descarga, afrobeat et musiques de l’âge d’or éthiopien.

22 h 30, c’est parti. En force. Les six musiciens Genevois et le joueur de masenqo, Endress Hassan, attaquent avec détermination. Trois instrumentaux au couteau et l’entrée en piste des deux danseurs (Getu Tirfe et Emebet Tizazu) suffisent à mettre le feu. La première chanteuse, Bethlemen Dagnachew, avec sa drôle de voix aux accents reggae et son sourire enfantin, fait une apparition lumineuse le temps de deux chansons. Puis c’est au tour de celle que tout le monde attend, Hamelmal Abaté, de se lancer dans un  a cappella à couper le souffle. Quelques minutes plus tard, le public commence à se déchaîner… et la diva sort de scène. L’air de rien, Imperial Tiger Orchestra balance deux instrumentaux, plutôt expérimentaux.  Aïe, mon sang se glace à nouveau. J’adore, mais quand est-il des 500 autres spectateurs de la salle? Je risque quelques coups d’œil à droite et à gauche, et je ne vois que des visages fendus de larges sourires… Je respire… Si ce virage-là passe, la soirée ne peut qu’exploser. Sur le coup de minuit, Hamelmal Abaté, drapée d’une cape noire qui ne se porte que dans les grandes occasions, revient avec sa chanson-culte, «Enkuan Aderesachihu», celle-là même qui s’entend dans tout Addis Abeba à l’approche du Nouvel An copte. Parmi les Ethiopiens venus en masse, ça commence à chauffer. La température à l’intérieur de la salle aussi.

Voir que mon objectif  – réunir le temps d’une soirée Ethiopiens et Suisses qui habituellement se côtoient sans se voir – est atteint me remplit de joie. Sur scène comme dans la salle l’heure est aux mélanges, aux échanges jubilatoires. Bethelem Dagnachew et Hamelmal Abaté se relaient au micro. Les chemises collées à la poitrine, les tigres genevois ont pris leur rythme de croisière. Final en apothéose avec les deux chanteuses au micro, les danseurs et le flegmatique Endress Hassan, armé de son violon fou. La claque. Malcolm Catto est lui aussi impressionné par la qualité du spectacle. Normalement il faut s’appeler Clinton ou Femi Kuti pour oser ce genre de shows…. Et quand le DJ anglais voit son alter ego éthiopien,  Dawit,  un gamin de 20 ans, tapoter sur son Iphone et faire groover une salle remplie d’Ethiopiens aux sons des grands succès d’Addis Abeba, il se comporte en vrai gentleman. Il regarde sa caisse de vinyles avec circonspection, me lance un sourire en coin avant de me proposer, avec un brin d’humour, de mettre des disques en toute fin de soirée: « pour vider la piste de danse ». A l’heure éthiopienne, tout tourne décidément à l’envers. Tant mieux.

PS1. Dans le feu de l’action, j’ai même oublié de prendre des photos ou des vidéos. Mais ça devrait arriver sur YouTube prochainement…

PS2. Pour les Français, le plateau dont je vous parle ci-dessus, donnera un unique concert au Point Ephémère le 15 septembre 2011 à 20 h. Ce ne sera plus Nouvel An, mais ce n’est pas une raison suffisante pour rater ça!

Il est temps de fêter la nouvelle année!

Le 10 septembre prochain, le Festival de la Bâtie fêtera la nouvelle année éthiopienne 2004. Pour cause de calendrier copte et parce que, depuis quelques années déjà, un groupe de blancs-becs genevois ne peut s’empêcher de décliner les musiques éthiopiennes sous toutes leurs formes. Imperial Tiger Orchestra a d’abord commencé par s’attaquer aux classiques de l’âge d’or de la musique éthiopienne en version instrumentale. Avec pas mal de recul et de culot: du free jazz au funk, ils  ont pétri et malaxé rythmes et harmonies pour mieux se les approprier. Depuis peu ces musiciens hors catégories s’intéressent à des musiques  plus récentes (dont celles composées sous le régime du Derg) ainsi qu’aux genres voisins issus de toute la Corne de l’Afrique.

Le projet de Nouvel An genevois dont il est question ici, est né en juin 2010. J’avais invité  les tigres genevois à faire la première partie d’un concert de Mahmoud Ahmed et du Badume’s Band à la salle du Vélodrome de Plan-Les-Ouates. Un ami restaurateur éthiopien, Dereje, présent dans la salle fut conquis tant par la prestation d’Imperial Tiger Orchestra que par celle du vénérable Mahmoud Ahmed. Il m’apprit à cette occasion que le Nouvel An copte avait lieu la nuit du 10 au 11 septembre. De là à songer à  fêter dignement cet événement à Genève, ville qui rassemble une des plus grandes communautés éthiopienne et érythréenne de Suisse…

Parallèlement, Raphaël Anker, fou de musiques africaines depuis son plus jeune âge, et ses comparses d’Imperial Tiger Orchestra préparaient leur premier CD, «Mercato». Tous avaient flashé sur un titre de la grande chanteuse Hamelmal Abaté qu’ils firent interpréter pour l’occasion par une artiste éthiopienne du bout du lac: Bethelem Dagnachew,aussi surnommée Betty. Le premier pas vers des musiques chantées était osé…

La même année, le groupe s’était produit au Festival des Musiques Ethiopiennes d’Addis Abeba, mis sur pied par Francis Falceto, alias Monsieur « Ethiopiques ». Il y rencontra Endress Hassan, joueur de masenqo, avec lequel il se découvrit des affinités baroques.

Lorsque le festival de la Bâtie, séduit par l’audace de ces Genevois, donna une carte blanche à Imperial Tiger Orchestra à l’occasion du Nouveal An éthiopien, le groupe songea logiquement à rassembler sur une même scène Hamelmal Abaté, Bethelem Dagnachew et Endress Hassan. Une revue d’un genre nouveau qui a également séduit d’autres programmateurs à Zurich, à Berne et Paris pour un spectacle qui s’annonce aussi incroyable qu’unique. A ne rater sous aucun prétexte!

Pour avoir une idée de  l’esprit décalé et passionné qui anime Imperial Tiger Orchestra, découvrez cette vidéo d’une récente tournée en Russie en Hollande et en France réalisée par leur batteur Julien Israelian.

Et bientôt sur ce blog, la carrière de Hamelmal Abaté, des images des répétitions qui commencent demain and more…

Hamelmal Abaté et Imperial Tiger Orchestra on tour:

Zurich, Theaterspektakel, dimanche 4 septembre

Genève, la Bâtie, salle du Faubourg, samedi 10 septembre

Paris, Point Ephémère, jeudi 15 septembre

Berne, Beeflat, dimanche 18 septembre

Tous à la Cité!

Ce n’est pas parce que j’ai programmé quelques concerts au festival de la Cité que je recommande chaudement d’y aller. Enfin pas seulement… Car j’ai  bien évidemment proposé au festival des trucs que je trouve géniaux comme Aziz Sahmaoui. L’ex-leader de l’ONB revient aux sources de la musique gnawa qu’il conjugue avec ses cousines sénégalaises. Et comme, entre-temps, il a passé dans les rangs de Joe Zawinul, son combo est un véritable navire de rythmes et de mélodies imparables qui sait déclencher des tempêtes comme fendre les flots avec subtilité (Place du Château, samedi 2, 23 h 45). Avant le gnawa Aziz Sahmaoui, nos amis de Imperial Tiger Orchestra investiront la scène du Château avec leur collègue éthiopien Endress Hassan et un coupe de danseurs. Je ne reviens pas sur le sujet, j’ai abondamment tartiné sur eux.  Ceux que ça intéressent peuvent d’ailleurs d’ailleurs télécharger ici le dernier article que je leur consacre dans Vibrations:

Mais tonight is the night: Le festival démarre en beauté avec sur la scène de la Fabrique (20 h) avec Forro in the Dark. Ce groupe de New-Yorkais d’origine brésilienne amène à la musique traditionnelle de leur pays un gros son, une approche  à la fois « arty » et soul. Une démarche qui avait plu en son temps à un certain David Byrne qui collabora avec eux sur leur premier album, paru en 2005. Au même titre qu’une certaine Bebel Gilberto..

Pour info Forro in the Dark rejoue sur cette même scène de la Fabrique mercredi (21 h 15) et jeudi (23h).

Revenons à ce soir, suite des festivités avec les nouveaux héros genevois que sont Mama Rosin (scène de la Fabrique, 21 h 15). Trois hurluberlus qui détestent les formats et malaxent musique cajun, blues et tout autre genre qui leur plaît avec dextérité et décontraction. Final avec Professeur Wouassa (scène de la Fabrique, 23 h 15), les Lausannois, adeptes d’afrobeat pur jus. Ils annoncent pour l’occasion une ribambelle d’invités. Cela dit un cruel dilemme va se poser à ce moment là de la soirée: un peu avant (à 23 h), sur la scène du château démarre un spectacle qui s’annonce d’ores et déjà incroyable, signé Faustin Linyekula. «More, more, more… future» est le clin d’œil trash d’un artiste congolais au bon vieux slogan punk no future. Avec dans le rôle du  guitariste punk africain le génialissime Flamme Kapaya. Des costumes improbables (signés Xuly Bët), des danses déjantées et des musiques d’un genre nouveau pour rêver et réinventer un possible Congo. Explications et extraits avec l’auteur du spectacles dans la vidéo ci-dessous:

Swiss Vibes, mode d’emploi

Une des raisons de mon silence sur ce blog ces derniers temps est que je suis entrain d’en constituer un autre!
Je m’explique. Il y a deux ans, alors que je travaillais encore à temps plein pour le magazine Vibrations, nous avions réalisé avec Pro Helvetia un CD intitulé Swiss Vibes. Sophie Hunger était sur le point de faire sortir son disque en France, d’autres artistes suisses émergeaient à l’étranger et l’on avait envie de sortir la musique suisse des clichés dans lesquels elle est encore souvent enfermée à l’étranger. Le CD avait été envoyé gratuitement aux abonnés du magazine et diffusé via le réseau de Pro Helvetia.

Deux ans plus tard, désormais installée en indépendante, me voilà de retour avec un nouveau Swiss Vibes. 19 titres enthousiasmants, from jazz to pop, pour montrer que la scène helvétique se porte toujours à merveille. Et pour étoffer l’opération, on a décidé de créer un blog (voir badge ci-contre), une page Facebook, bref de faire monter la sauce et d’amener plus de contenu sur les artistes participants à l’opération. Pour en savoir plus: allez visiter le blog swissvibes.org et devenez fan de la page Swiss Vibes sur Facebook. Et si vous aimez, partagez avec vos amis, collez des badges sur vos sites et blogs (instructions pour les badges sur ce lien).

Et bien sûr, bientôt de retour sur ce blog pour partagez avec vous mon disque du mois d’avril et mes coups de cœur du festival de jazz de Cully où j’ai déjà été subjuguée par le retour du vénérable, mais néanmoins toujours inventif Gilberto Gil en trio avec son fils et Jacques Morlenbaum! D’ailleurs ce soir, il y a Samuel Blaser, tromboniste suisse en première partie de Wayne Shorter. Qui dit mieux?

L’irrésistible groove éthiopien

Les vétérans de la scène d’Addis Abeba, Mahmoud Ahmed et Alemayehu Eshèté sont de retour avec leurs amis bretons du Badume’s Band.

Véritable bol d’air au sein du petit business des musiques du monde, Musiques Métisses n’aime pas les musiques formatées. Tant mieux. Cette année, le festival s’est même spécialisé dans les big bands. Les tambourinaires d’abord avec Les Tambours des Docks, les uniques Tambours du Burundi (sur lesquels je reviendrais) et les foudroyants Tambours de Brazza. Créés à l’initiative du batteur congolais Emile Biayenda, ils reviennent en force avec une musique complètement ouverte. Traditionnel, tribal, festif, moderne, cet ensemble de tambourinaires pas comme les autres accueille un violoniste, un rapper ou le chanteur mauricien Menwar quand ces membres ne s’adonnent pas à des joutes dansées impressionnantes. Un gros chaudron qui pulse au rythme de la passion musicale.

Parmi les autres bigs bands, il faut signaler les Guinéens des Espoirs de Coronthie, qui même entassés sur la minuscule scène du mandingue, parviennent à séduire avec leurs mélanges de rythmes soussous et mandingues, d’arpèges de la kora, de rifs électriques, de voix et de danses et le Bahianais Carlinhos Brown dans une prestation pourtant plutôt décevante. Sauvé in extremis par son amie Margareth Menezes.

Last but not least, Mahmoud Ahmed et Alemayehu Eshèté ont enflammé le public de la nouvelle grande scène en surmontant les obstacles de circonstance. À savoir, un public clairsemé – ils ouvraient la soirée à 19 h 30 –  et une lumière du jour encore éblouissante. Séducteur impénitent, en costard anthracite, le pas alerte et l’œil vif, Alemayehu Eshèté roucoule et oscille entre soul, twist et rock’n’roll, made in Addis Abeba.
Le charme de Mahmoud Ahmed est tout autre. Vêtu en habit traditionnel blanc de la tête au pied, il semble de prime abord plus réservé. On se surprend à tendre l’oreille après avoir été pris dans l’opération de charme facile d’Alemayehu Eshèté. Lentement mais sûrement, les Bretons du Badume’s Band montent le son de leurs cuivres, guitares et claviers. Mahmoud Ahmed, danse saute et accroche le public d’un sourire, d’une voix encore superbe. Et finit en apothéose avec ses grands succès («Ere Mela Mela», «Addis Abeba Beheté»,) dont le public entonne les refrains. Le temps s’accélère et déjà il est loin. Tout simplement impérial !

C’est cette formation que je fais venir jeudi prochain, pour un unique concert en Suisse à Genève (Plan-Les-Ouates) avec, en prime les Genevois de Imperial Tiger Orchestra en première partie. De la Suisse à La Bretagne, la musique éthiopienne fait des émules aux quatre coins du monde et s’offre une deuxième vie grâce à ces nouveaux contacts. Ne les ratez pas !

Imperial Tiger Orchestra, Badume’s Band, Alemayehu Eshèté et Mahmoud Ahmed. Plan-Les-Ouates. Salle du Vélodrome. Vendredi 27 mai, 20 h.