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Bye bye Lhasa

Lhasa chantait « I used to say, I am ready. Show me the way, I am ready… » Lhasa est décédée d’un cancer dans la nuit du réveillon 2010. Elle se savait déjà condamnée lorsqu’elle enregistra son dernier disque, paru il y a quelques mois. A la fois  sombres et lumineuses, ces chansons renvoyaient aussi bien aux derniers enregistrements de Johnny Cash (« American III: Solitary Man ») qu’à des comptines d’enfant. Lhasa touchait, en plein cœur. Lhasa est morte et c’est vraiment une bien triste façon de commencer l’année. Grâce à elle, grâce à son premier et magnifique «La Llorona», amateurs de rock, de folk et même de rap ont découvert les musiques du monde. Grâce à elle, l’ouverture d’esprit, la sensibilité et l’intelligence musicale ont su se faire entendre auprès d’un large public. Lhasa était mexicaine, américaine, mais avant tout citoyenne du monde. Sa voix fragile, cristalline et grave séduisait aux quatre coins du monde. Elle est morte et il ne restera d’elle que quelques images filmées et trois disques, qu’on ne peut que recommender d’écouter et de réécouter.

Mon disque du mois d’avril: Lhasa

lhasa-coverLe mois d’avril touche à sa fin. L’excellent disque de Lhasa vient l’illuminer.

Dès les premières notes, on sait que cet album est de ceux qui marquent, de ceux qu’il ne vaut mieux pas écouter un soir de déprime. Le premier morceau est une longue prière, entre ballade et chant religieux, le second un blues traversé par la guitare de Charlie Watson. La voix est fraîche, juvénile: c’est celle de Lhasa, cette chanteuse américano-mexicaine qui avait été une révélation en 1997 avec son premier disque «la Llorona», entre rock, cabaret et folklore mexicain. Lhasa montrait alors une voie unique, différente. Une voie de nomade. Enfant, elle a sillonné les Etats-Unis à bord du bus de ses parents. Adulte elle a fait partie du Cirque contemporain «Pocheros» avec ses trois sœurs, a vécu à Marseille, au Québec. Et pour confirmer son atypisme, elle a attendu près de sept ans avant de sortir « The Living Road». Chanté en anglais, en français et en espagnol, ce deuxième volet s’ouvrait à de nouveaux genres musicaux (gospel. blues). 2009 est l’année du troisième opus.

Comme son titre le laisse supposer «Lhasa» revient à l’essence de Lhasa.Une instrumentation sobre et inédite où se croisent harpe, guitares, pedal steel, basse, batterie, piano. Et le choix de l’épure pour évoquer l’amour, la vie, la mort. On pense autant à Johnny Cash qu’à Marcel Kanche ou à la pureté d’un chant d’enfant… Il se dégage de ce nouveau disque une impression d’universalité, mais aussi de gravité. Plongée tout entière dans sa méditation musicale, Lhasa, oscille entre évanescence et ancrage. Magnifique.

Lhasa, «Lhasa», Tôt ou Tard/Warner