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Kara à l’Addis

Kara Fatiguée, mais heureuse… Tel est un peu l’état dans lequel je me sens aujourd’hui. Ces derniers temps, je me suis beaucoup consacrée à la préparation et à l’organisation de la soirée d’inauguration du café Addis à Lausanne. Beaucoup de boulot, beaucoup de stress, peu d’argent et une réussite forcément incertaine. Tout a commencé avec Dereje, le patron du restaurant éthiopien en bas de chez moi. Comme j’y vais souvent, comme j’adore la musique et la nourriture éthiopienne, nous avons sympathisé. Le seul problème étant que Dereje ne s’arrête jamais. Bien que son restaurant tourne bien, qu’il soit ouvert 7 jours sur 7, il trouve encore le temps de faire traiteur à ces heures perdues.

A la fin de l’année passée, il a décidé de reprendre un café de l’autre côté de la rue. Il me le fait visiter et me montre une très jolie salle à l’arrière, un espace idéal pour des soirées musicales et concerts. De fil en aiguille, il me propose de m’aider pour la musique, pour la promo. J’amène mon équipe: Alex Pointet (Shaolin) au graphisme, Suzanna Pattoni à la décoration, dessins de Noyau au mur. Soirée d’ouverture donc samedi 12 février avec Kara, musicien sénégalais que j’adore et dont j’ai d’ailleurs oublié de vous parler dans ce blog.

Kara habite à Genève depuis suffisamment longtemps pour avoir obtenu la nationalité suisse… Bien avant ça,  Kara a passé plus de dix ans à danser et à chanter dans différentes compagnies de danse et de musique. Avec les Ballets d’Afrique noire, il s’installe en Espagne et devient le responsable et metteur en scène de la troupe.  «Lorsque je suis arrivé en Suisse en 1996, un proche m’a offert une guitare. L’expérience acquise dans les ballets africains, les souvenirs de mes voyages, faisaient que les idées se bousculaient dans ma tête. En même temps j’expérimentais l’intimité, la solitude. C’est sur cette guitare que j’ai commencé à composer mes propres délires personnels.» m’expliquait-il lors d’une récente interview. Depuis Kara a fait sa route, jalonnée de plusieurs albums, dont son dernier, «Yolélé», un disque festif de blues-funk peul, mais toujours branché sur ce blues désertique qui l’habite. Piano, harmonica,  cuivres,  Kara y  démontre brillamment qu’il est possible de concilier musiques traditionnelles et actuelles.

Au Café Addis, les choses sont beaucoup plus roots. La scène a été bricolée avec des palettes de chantier, la sono est d’époque et complétée par du matériel prêtée par le théâtre du 2.21 (que je profite pour remercier ici). Kara démarre son set alors que les gens mangent encore. Pas facile. Deux guitares et un percussionniste pour capter l’attention de 100 personnes serrées comme des sardines, dans une salle surchauffée. En une heure à peine , il parvient pourtant à la conquérir par la douceur de sa voix, par le charme envoûtant de ses mélodies peules, par son bagout. Quant au final, il restera au-delà de tout ce qu’on pouvait espérer. Kaabi Kouyaté, fils de l’illustrissime Sory Kandia Kouyaté (un des plus grands musiciens mandingues de tous les temps) est dans la salle. Avec son look de crooner, il vient partager le micro avec Kara. Puis c’est au tour de Mamadou Cissoko, petit frère de Ba Cissoko et d’un autre amis sénégalais, entre diatribe politique et démonstration de danse. Tout simplement mythique. Et mes amis DJ’s en ont profité pour enchaîner et faire danser toute le monde jusqu’à la fermeture. Je n’aurais pas pu rêver plus belle soirée. Ouf! Parfois, on a vraiment l’impression que les dieux sont avec nous!

Pour savoir s’il y aura une suite à cette soirée, le site internet http://www.cafeaddis.ch devrait voir le jour d’ici peu. En attendant le resto est ouvert et la cuisine délicieuse. Allez-y! (Café Addis, 23, rue du Valentin, 1004 Lausanne).

Les Espoirs de Coronthie au Festival de la Cité de Lausanne

C’est un de mes groupes africains actuels préférés. Partis de rien ou presque, les espoirs de Coronthie sont un défi sans cesse renouvelé. Un des groupes phares de Conakry qui ose se lancer à l’assaut de l’Europe en big band avec trois chanteurs, pas mal de percussions, des guitares et un joueur de kora plutôt inspiré. Vous pouvez lire ici, un article plus détaillé que je leur avais consacré dans le magazine Vibrations. Mais surtout venez nombreux au Festival de la Cité, à la scène de la Fabrique (derrière la Cathédrale). C’est gratuit et deux soirs de suite: mardi 6 et mercredi 7 juillet  à 20 h 30. Soyez ponctuels, car leur spectacle ne dure qu’une heure et que, comme je me tue à vous le dire, ça en vaut vraiment la peine.